Coup de gueule : De la présence du numérique à l’école

coup-de-gueuleBon alors aujourd’hui je me mets en mode coup de gueule. Oui, j’ai envie de râler.

Ce qui me chiffonne ? Les préjugés.

Un truc tout bête, mais, vous l’aurez noté, nous français, nous demandons s’il faut ou pas utiliser le numérique à l’école. Bah moi, ça me gonfle qu’on en soit encore là. Les autres pays européens (je ne parle même pas des Canadiens), ça fait longtemps qu’ils ne se la posent plus, cette question, ils sont déjà à l’étape suivante.

Comment bien s’en servir, former les enseignants, etc. Sérieusement, comment peut-on encore douter des bienfaits de la présence du numérique à l’école : c’est une évidence.

Mais non, nous nous entêtons à vouloir débattre sur la pertinence d’un outil que TOUT LE MONDE utilise déjà et sera amené à utiliser dans sa vie professionnelle. On invente des prétextes, on imagine des scénarios improbables et pendant ce temps, l’enseignement français prend un gros coup de vieux et n’est, selon moi, plus du tout en phase avec son temps.

Et malheur si on emmène une tablette à l’école. Non parce que l’ordinateur, à limite, on s’y est fait, mais alors la tablette… Vous comprenez, c’est nouveau alors c’est mal, dangereux blablabla blabla …

Parfois, ça me donne envie de hurler. Pas plus tard qu’il y a 2 semaines j’ai encore entendu une enseignante de CE1 accuser les tablettes des erreurs de Français de ses élèves. Mais il fait arrêter avec ça, en CP ou CE1 on ne sait pas écrire correctement, et pour cause, on apprend. Celui qui vous dira qu’en CE1 (et même plus loin souvent) il savait écrire correctement est soit amnésique, soit mythomane.

Le numérique est un outil. Un outil, ça n’est ni bête ni intelligent, ni gentil ni méchant. C’est un outil. Tous les outils peuvent être utiles et dangereux. Mais heureusement, c’est à l’école qu’on apprend à s’en servir grâce à un enseignant, dont c’est le métier de nous guider. Heureusement que les enseignants qui utilisent le numérique savent ce qu’ils font et pourquoi ils le font.

Il faut arrêter avec ce fantasme de l’instit qui met les enfants sur l’ordinateur pour avoir la paix. C’est faux. Croyez-le, gérer un apprentissage sur tablette ce n’est pas de tout repos, mais c’est clairement plus riche. Ça demande beaucoup plus de préparation, mais en ça en vaut la peine. Mais non, on préfère se prendre la tête à cause de la marque des appareils…

Pour terminer, ce qui m’agace le plus, c’est que les détracteurs du numérique à l’école sont essentiellement des gens qui ne maîtrisent pas l’outil voire qui ne le connaissent pas. Les gens qui critiquent la tablette n’ont, la plupart du temps, jamais eu un iPad ou une Galaxy Tab dans les mains (ou alors vite fait en passant dans une grande surface).

Mais là, on est encore dans un travers très français : donner son opinion sur tout même quand on n’y connaît rien. Juste balancer quelques bons gros préjugés… Trouver que tout est nul, que de toute façon c’était mieux avant, que les jeunes c’est plus ce que c’était, que de notre temps c’était pas pareil… (Bien sûr ceux qui vous diront ça le feront avec 3 erreurs de français par ligne pour attester de la plus grande efficacité de l’enseignement qu’ils ont reçu).

« Rien n’est plus cru que ce qui n’est point connu » paraît-il…

Ça ne changera, bien sûr, rien que j’écrive tout ça, car les gens que je décris ici ne se reconnaîtront même pas (j’ai des doutes sur leur intérêt à lire mon blog de toute façon), mais bon, fallait que ça sorte.

Voilà, le coup de gueule est passé.

« Que conclure à la fin de tous mes longs propos ? C’est que les préjugés sont la raison des sots. » – Voltaire

43 Commentaires

Classé dans Education, Tablette à l'école primaire

43 réponses à “Coup de gueule : De la présence du numérique à l’école

  1. Bravo !!!! Des deux mains, des deux pieds, bravo, juste et simple.

  2. 3plum

    On se détend, on-se-dé-tend. ;)

    Merci pour ce coup de gueule. Je me sens moins seul. Car oui, je fais le même constat. Je suis affligé par l’inertie sociale et professionnelle autour de l’atout informatique !

    Heureusement, grâce à tes partages et réflexions, le paysage pédagogique évolue ! La preuve ? Au mois de janvier, deux ipads mini viendront intégrer ma pratique de classe.

  3. Si les tablettes sont dangereuses, alors les crayons de papier aussi ! Il y a longtemps maintenant, ma voisine de classe m’a tout simplement planté son crayon de papier fraîchement taillé dans la main ; il est des outils plus dangereux encore qu’une tablette : ciseaux, compas, … Faut-il interdire de les utiliser à l’école ?
    Que dire à cette enseignante de CE1 ? Comment se fait-il que sa pédagogie si performante n’est pas paliée les défauts des tablettes ! #gggrrrrr
    Et bon courage, le monde avance même sans nous !

  4. Tout à fait d’accord : bravo!

    Depuis que j’ai les ordinateurs et les tablettes dans ma classe, je peux confirmer que le temps de préparation de ma classe a été allongé.
    On enseigne autrement, cela demande du temps, les enfants progressent tout en étant très motivés mais autour de moi, il y a de la réticence de la part des collègues à s’investir dans cette pratique…

    Un petit coup de gueule de temps en temps, cela fait du bien… :)

  5. C’est le grand classique : les gens qui ne maîtrisent pas l’informatique deviennent extrêmement agressifs dès qu’on en parle.

    Je me souviens d’un certain stage où, l’intervenant n’étant pas là, j’ai proposé au gens du groupe de leur faire une mini-formation à l’utilisation d’Internet, puisque nous étions dans une salle informatique.

    Une collègue s’est mise en colère, en me disant « c’est n’importe quoi, personne ne nous forme ! » (alors que je me proposais justement de le faire).

    Et savez-vous ce qu’elle a fait pendant que les autres apprenaient à ouvrir un compte Gmail ? Elle a SORTI DE SON SAC UN OUVRAGE DE POINT DE CROIX et elle a passé son temps à coudre, en faisant bien entendu la tête des mauvais jours pour que personne ne la dérange…
    Il me semble pourtant qu’un enseignant doit avoir la passion d’apprendre, non seulement aux autres mais aussi à lui-même…

  6. Mivette

    c’est tout à fait vrai . Le fait d’avoir créer un site à l’école m’a posé quelques problèmes avec certains de mes collègues . Idem pour l’utilisation du vidéo projecteur en classe ou des ordinateurs …

  7. Bon, on se sent un peu moins seuls :-)

  8. Tout pareil, merci pour ce coup de gueule ! Chez nous ce sont les ondes Wifi qui servent de prétexte à ne pas équiper (et du coup à ne pas former)… grrrrrrrrrr ! Et on nous demande d’innover sans moyens !

  9. Marion

    Juste un petit exemple : j’ai dans ma classe deux enfants en très grande difficulté d’écriture,L’un a été détecté dyspraxique, l’autre non (la maman n’a pas fait les démarches) mais il est illisible … Cela m’est égal d’avoir ou non un papier officiel, j’ai investi dans deux ordinateurs portables d’occasion, j’ai obtenu l’accord de la mairie pour les branchements et la maintenance et les gamins suivent et sont heureux ! Je n’ai pas obtenu l’accord de ma direction pour payer les ordis sur le compte école (c’est ma coop de classe et mes efforts de négociation), je n’ai pas obtenu l’aval du référent de scolarité et de la psychologue scolaire qui m’ont dit que ce serait difficile ensuite en 6è … Pour l’instant, moi, j’ai deux gamins qui me prouvent qu’ils ont le bon niveau parce que je peux les lire et ils peuvent se relire :! et ce n’est pas du tout une énorme difficulté de passer tous les exos sur clés !
    Parallèlement j’ai ma propre fille en cm2 détectée dyspraxique. Elle sait parfaitement taper en clavier caché. Nous avons investi dans un ordinateur portable d’occasion car l’école et l’institution ne voulaient rien savoir .. Mais l’école ne veut pas accepter cet ordinateur (trop de risque), la maîtresse s’obstine à lui faire copier des tonnes de leçons parfaitement illisibles … mais tout va bien !!! J’enrage !
    Nous avons du coup déjà commencé à tater le terrain pour le collège … Mais rien n’est gagné . Ce sera « au bon vouloir des professeurs » …

  10. Glinda

    Bon, j’ai rien à rajouter, je suis entièrement d’accord avec tout ça, et je dirai même plus, ceux qui critiquent les profs innovants sont bien souvent bourrés de préjugés concernant l’EN (« à peine 18h sur seulement 8 mois », disait l’ami Sarko il y a qq mois…), et les collègues qui le font ont la peur de l’inconnu et de la remise en question (bien souvent!) Je ne suis pas encore une adepte car j’ai l’impression de courir après le temps (« faut dix ans pour faire un prof! » dixit ma tutrice de stage), mais dès que je serai un peu plus confiante sur mes cours, pour sûr, j’y passerai quelques w-e!
    Juste un truc, pour les mauvaises langues qui sont mal intentionnées, relis ta phrase « Ça ne changera bien sûr rien que j’écrive tout ça, car les gens que je décris ici ne se reconnaitrons même pas (j’ai des doutes sur leur intérêt à lire mon blog de toute façon), mais bon, fallait que ça sorte. » J’ai bien peur qu’ils sautent sur l’occasion pour t’embêter ;)

  11. On a les mêmes au Canada, mais c’est vrai que c’est un établissement français de France comme in dit ici :-) Un enseignant qui travaille « autrement » est toujours suspecté d’être au minimum un « branleur » qui joue toute la journée. Il faut que le travail soit pénible pour que ce soit du travail :-)

  12. Sophie

    Totalement d’accord!!
    Continuons à tracer le sillon qui nous semble bon.
    Vivons donc à la même époque que les enfants qui sont sous notre responsabilité.
    (Nb : je te fais bientôt un petit topo sur ma visite du salon du numérique….ça ne fera que te conforter dans ta position!!)
    À plus!

  13. +1 ! Ce que j’aime bien aussi, c’est le schéma « prof avec un PC en salle des profs = prof sérieux et investi », mais « prof avec un smartphone ou une tablette = adolescent attardé incompétent » … Moralité, quand on veut noyer son chien …

  14. Bravo pour cette belle mise au point. Mon côté sérieux me donne envie de mettre en avant l’argument des autres pays et de la spécificité française dont on se passerait bien…
    Mon côté impertinent me donne envie de dire que le numérique permet quand même de « glander » parfois… Et en terme pédagogique, glander signifie dégager du temps pour mieux individualiser ! :p

  15. Qu’est-ce qui t’a énervé comme ça ? T’es allé sur Néoprofs ?

  16. Mila Saint Anne

    Très bien dit.

    Même constat : ça fait dix ans (au moins !) que le numérique devrait faire partie des outils familiers de l’enseignant EN COURS (parce que pour eux, chez eux, ils s’en servent très bien !), un outil parmi d’autres au service de la pédagogie.
    Je finis par me dire que les réticences face à ces outils numérique relèvent simplement d’une volonté de conserver un pouvoir vertical dans un monde horizontal. Bref, tout à l’envers.

    Et sinon, quand je tricote ou que je crochète dans une réunion c’est signe d’une intense concentration. ne critiquons pas les préjugés des autres avec nos propres préjugés !
    :D

  17. Bien sûr, moi j’entends … »à cause des ordinateurs, TBi et autres tablettes, les élèves n’apprennent plus à manier ciseaux, colle et stylos dès la maternelle. »..Comme si l’un empêchait l’autre !!! J’entends aussi que trop d’écrans dans la journée empêchent les élèves de réfléchir… et je me dis aussi que c’est un bon prétexte pour ne pas apprendre à s’en servir et se coucher devant sa télé le soir au lieu d’apprendre à se former aux TICE ! Je partage largement ton coup de gueule François !

  18. DA silva céline

    Il y a 5 ans j’ai quitté une MS pour me rapprocher de chez moi. J’ai quitté un PC dans ma classe, un portable, un vidéo projecteur, un appareil photo num et une connexion internet. J travaillais avec Google earth en direct et avec des webcams du monde entier. Je trouvais ça bien pour l’ouverture d’esprit. J’avais déjà l’impression d’être en retard sur la technologie… Il n’y avait rien de tout ça ds ma nouvelle école. Juste des rideaux en haillon avec la poussière classée monument historique, et un poêle â fioul. 5 ans plus tard toujours rien de numérique. Je n’avais pas compris que le maire (gros proprio terrien) n’était pas la seule personne à convaincre… Après Tilékol (certaines collègues trouvent que ça leur ferait perdre du temps, pardon Michel), après une formation iPad (sur la base du volontariat ) et après ton blog, je suis HYPER motivée pour équiper ma classe. Des collègues de cycle 3 m’ont dit face à mon ambition: « Mais enfin pour des maternelleueueueueu »!!!! Un mois plus tard je suis moins naïve mais tjrs aussi motivée: j’en ai assez que mes élèves arrivent au collège paumés par rapport aux citadins, ss avoir jamais vu un Tbi ou même un simple vidéo projecteur. Qd ils arriveront en 6è´ ils sauront déjà se servir de l’iPad que le conseil général mettra à leur dispo et les profs arrêteront de les surnoter parce qu’ils sont plus nuls que les autres… Merci pour tes partages. Par contre je manque cruellement de sommeil depuis que je me forme sur ton blog!!!! Et maintenant, j’apprends des trucs à mon mari sur son iPad!

    • :-)
      Tilékol a été inventé pour gagner du temps, pas pour en perdre.
      Laissons les ronchons ronchonner, laissons-les rater le train, laissons-les travailler à leur manière, et expérimentons dans notre coin.
      Heureusement, dans notre classe, nous sommes liiiiiiibres….

  19. Deporte Rébecca

    Je vais avoir un VPI, un macbook et 15 Ipad dans ma classe au mois de janvier . La mairie de ma ville cherchait des volontaires pour tester du matériel en vue d’équiper les écoles. J’étais la seule volontaire de mon école et tous mes collègues critiquaient l’initiative !! Mais moi je suis très excitée par cette expérience et tout ce beau matériel mis à ma disposition et je crois que mon enthousiasme finira par être communicatif !!! Hauts les coeurs !!!

  20. Deporte Rébecca

    Il y a 13 ans, j’ai acheté un rétroprojecteur pour ma classe… Mes collègues se moquaient de moi et ne voyaient pas à quoi cela pouvait servir ! Mais depuis 2 ans, elles s’équipent ! Donc, si on suit la même logique, elles demanderont un TBI dans 11ans !!!! Vive le progrès !!

  21. DBVoltaire

    Totalement d’accord, c’est un combat permanent, épuisant et quelque peu déprimant qui parfois crée de fortes tensions dans les établissements. Je suis d’un tempérament optimiste mais après de nombreuses années de bataille, je suis beaucoup plus pessimiste. Les collègues se partagent en 3 groupes : les partisans, les anti-tout, les mous, neutres qui pour moi sont un peu lâches. Quand on cherche à obtenir du matériel, on trouve peu de soutien, énormément d’hostilité surtout quand il s’agit de tablettes. Il en fut de même pour les vidéoprojecteur, les TBI… C’est épuisant.
    Une fois le matériel présent, beaucoup sont bien contents d’en profiter sans avoir eu à se battre pour l’obtenir.
    Il en va de même pour toutes les innovations pédagogiques, l’immobilisme est très, trop important et je pense que rien ne bougera dans les années qui viennent. Ce qui est inquiétant, c’est que les anti-tout recrute pas seulement sur les plus anciens mais aussi chez les plus jeunes de nos collègues.

  22. Continuons le combat : à force nos billets sur l’e-pédagogie porteront leurs fruits. Le chemin de croix n’est pas terminé, mais ceux qui restent à quai commencent à s’interroger : « et si j’étais en train de louper une évolution majeure de mon métier ? »

    Je vous invite aussi à lire mon récent billet : Débloquer la culture du numérique en France http://www.efficacitic.fr/2012/12/03/debloquer-la-culture-du-numerique-en-france/

  23. ce1.lesjardins

    C’est vrai que nous ne sommes pas aidés pour faire avancer les choses: les collectivités locales freinent des quatre fers pour équiper les écoles, nous ne sommes pas formés, et on nous regarde de travers quand on caresse l’espoir d’avoir un jour (au moins) un TBI dans l’école… Gardons tout de même l’espoir. Bravo pour ton site!

  24. nat

    Je suis bien d’accord, je n’ai pas lu tous les commentaires mais moi je crève d’envie d’avoir un TBI dans Ma classe afin de ne plus avoir à déplacer toute ma troupe dans une salle commune pour utiliser le vidéo projecteur. Et même si je ne suis pas au top de la technologie c’est en l’utilisant au quotidien que je progresserai! Et les enfants eux adhèrent très vite à ces nouvelles « machines », c’est pourquoi, j’ai glissé l’idée au père-Noël d’en apporter une à mon jeune ado ! Je pourrai au moins m’initier ! Faute de budget, la commune ne nous équipe pas plus… Si quelqu’un connait un filon pour l’aider à nous équiper ….J’ai envie de vivre avec mon temps et ça ne m’empêchera pas d’être à cheval sur des valeurs plus anciennes !!!

  25. loumaro

    personnellement, je suis beaucoup plus mitigée… (certains me diront molle ou lâche?).
    Je suis convaincue du bien fondé de l’ordinateur (ou de la tablette, je ne suis nullement sectaire) et effectivement je m’en suis payé un pour moi (faire mes prep, mes fiches etc…) et je ne pourrais plus m’en passer.
    Par ailleurs j’ai demandé un vidéoprojecteur pour ma classe et ai fini par l’obtenir.
    Mais (j’avais dit que j’étais mitigée), plusieurs points me chiffonnent vraiment.
    1) le fait que ce soit à nous de nous battre pour tout (j’ai payé moi même mon ordi) puisque les moyens, ben il n’y en a pas. Dans mon école nous pouvons avoir UNE série de manuels tous les…10 ans? Nous avons ainsi acheté pour le ce2 un nouveau manuel de français en 2008, le précédent datait de 1989 il me semble. N’ayant rien d’autre j’ai pris le parti de faire acheter un fichier aux parentspour avoir un support en math. Pour le reste, ben je bricole avec de plus ou moins vieux spécimens et des photocopies. J’ai du mal à concevoir de passer aux tablettes sans même avoir quelques livres. (l’un empêchant pas l’autre, bien sûr, mais je crois vraiment que l’un ne doit pas remplacer l’autre : je suis fervente partisane de garder l’usage des livres!)
    2) Nous avons obtenu les financements pour l’école numérique rurale. Nous avons donc une classe équipée d’un tbi, et une 12aine de portables. MAIS la mairie étant « budget TRES limité » (chacun ses priorité, ici ce n’est pas l’école) elle s’est arrêtée là : aucun budget « entretien » ni même installation. Au final le tbi sert pour une classe (c’est déjà bien) mais pas de logiciel acheté depuis.) Pire (même grave) les pc portables ne sont plus utilisés car ne fonctionnent plus ou mal. En effet, aucun entretien fait le wifi déffectueux aucun anti virus ni logiciel : ces choses n’incitent pas les classes à y aller. Il faut souvent plus de 10 minutes pour les allumer. Certains ne s’allument plus (batterie morte? autre problème?). Ils sont extrêmement lents. La salle n’a pas de rideaux, donc on ne voit presque rien sur les écrans. La connexion internet est telle qu’on peut y accéder 1 fois sur 4 et pas forcément sur tous les pc. faites le compte : 10 minutes d’allumage la moitié des gamins sont « perdus », il faut les recadrer, puis 1 pc sur 2 sans connexion, on recherche des solutions les autres s’échauffent etc… (en plus à 29 élèves sur 12 pc c’est dur d’être actif pour les enfants). Moi j’ai renoncé, désolée !!!
    3) Pour le temps d’écran, je reste très sceptique : aucune étude sérieuse n’a été faite avec du recul pour déterminer un éventuel impact sur le cerveau, mais je pense qu’il faut éviter un usage trop important car les enfants, ne nous leurrons pas, sont déjà très nombreux à y passer du temps hors école (tv, ds, ps etc…) Quid des hyperexcités, des passifs, des pb de vue (luminosité des écrans) etc… Je ne veux pas généraliser, c’est juste un principe de précaution : oui utilisation des nouvelles technologies, mais avec parcimonie et à bon escient. (ce que je suis sûre la majorité des profs font déjà). Je donnerais simplement mon avis de maman de filles ayant eu ce fameux tbi en cm1 : certains jours elles avaient régulièrement mal à la tête le soir, elles me racontaient régulièrement des couacs (type électricité déffectueuse, fichiers ne s’ouvrant pas, difficulté à voir cause luminosité de l’écran, voire pb pour écrire sur leurs cahiers car classe sombre pour voir au tbi) Je pense que son utilisation (au tbi) doit se limiter à quelques séances dans la journée, mais pas être le seul tableau de la classe (mais souvent pb d’aménagemnet pour conserver un 2e tableau) De ce fait je trouve l’investissement très lourd, la mairie ayant de toute façon dit dès le départ qu’il n’y en aurait pas d’autre après si pas aide pour financer, j’ai donc demandé un vidéoproj, moins cher quand même…
    4) Enfin et surtout, les enfants (j’en ai 3, et ils ne sont pas équipés à la pointe de la technologie à la maison) apprennent à se servir de ces outils très très vite, je doute sincèrement qu’il soit indispensable de commencer en maternelle pour s’en sortir plus tard!!! Mon fils (en 4e) n’a pas commencé tôt, et pas du tout à l’école, pourtant il sait faire plus de choses que moi en ayant appris sur le tas (collège, où il y a de vraies salles infos qui marchent, copains, maison). J’ai moi même été surprise du nombre de familles équipées dans mon école pourtant loin d’être favorisée. Je crois qu’entre la maison et le collège par la suite, la très grande majorité des élèves apprennent très bien à utiliser ces nouveaux outils, qui fonctionnent quand même de manière instinctive souvent. (perso jamais aucune formation, j’ai découvert sur le tas et me suis auto formée, je ne me dirais pas compétente, mais sais utiliser les outils dont j’ai besoin. et c’est déjà bien.
    5) en tant que maman je n ‘aurais rien eu contre le fait que mes enfants utilisent ce matériel à l’école, mais n’aurait pas aimé du tout qu’ils s’en servent souvent, surtout à l’école maternelle (désolée pour les enseignants de maternelle plus haut)
    6) enfin pour finir je me suis battue pour que 2 de mes élèves obtiennent un ordinateur parce que tout simplement pour eux c’était par contre indispensable !!!! (dyspraxie et maladie génétique) comme quoi….

    donc voila ma réaction de « mitigée », qui croit que rien n’est ni tout noir ni tout blanc, mais croit au bon sens avant tout!!!

    PS : notre boulot est assez prenant comme ça, et j’estime que je n’ai pas à faire la manche pour obtenir du matériel pour mes élèves, soit je peux l’avoir en demandant, ou parce qu’un budget y est consacré, mais sinon, tant pis ! (ma coop de classe, financée par les familles, ne me permet pas du tout d’envisager l’acquisition de matériel informatique

    • Salut loumaro,

      Merci pour ton témoignage. Je te rejoins sur pas mal de points. Le numérique comme n’importe quel outil doit s’inscrire dans une démarche pédagogique cadrée et pensée. Mais c’est le cas de tous les outils qu’on utilise en classe. C’est un constant ajustement. Il faut savoir changer d’outil quand la situation le demande mais il est indispensable de connaitre l’outil en question dans sa globalité pour l’utiliser au mieux.

      Pour répondre à tes remarques :

      1. C’est du bon sens, bien entendu. L’ordinateur ou la tablette sont des outils supplémentaires. Il est bon de le rappeler car les alarmistes pensent toujours que l’utilisation du numérique implique la suppression de tout le reste.

      2. Le gros problème avec le plan école numérique rurale, c’est qu’on a imposé aux écoles des formules toutes prêtes. Alors certes, les collègues ne sont pas forcément au parfum de ce qui se fait et il faut bien choisir… Mais pour le coup, au primaire moi j’ai opté pour les tablettes qui demandent un entretien minimum et pas d’anti-virus. C’est sûr qu’au moment ou tu as eu ton équipement, les tablettes n’étaient pas dispo où très peu répandues. Je comprends que ça te fasse râler et effectivement je comprends que tu aies laissé tomber avec le matos que tu décris.

      3. Là je suis un peu moins d’accord. Ca fait trente ans que des gens dont c’est le métier passent des journées devant leurs ordinateurs. Aucune pathologie, si ce n’est, dans certains cas, du désèchement au niveau des yeux, n’a été imputée aux écrans. Par contre il est prouvé que pas du temps devant un écran en soirée peu provoquer des troubles du sommeil (la luminosité de l’écran trompe le corps).
      Les écrans ce n’est pas nouveau. Ca fait 20 qu’on véhicule cette croyance d’un écran nocif. Le recul, on l’a et comme tu le dis, depuis tout ce temps, aucune étude sérieuse n’a montré un quelconque danger.
      Pour le reste, ça va de soit bien entendu. Chez moi 3 tableaux : 2 noirs et un interactif (allumé toute la journée mais pas forcément utilisé).

      4. Là non plus je ne suis pas d’accord. Je vais te citer 2 exemples concrets. Le premier c’est le code de la route. Dans une famille, généralement, les parents savent conduire et ont leur permis. Pourtant, bizarrement, il faut quand même que les gens passent par un formateur parce que oui, c’est à la portée de tout le monde et tout le monde le fait, mais il y a des dangers et des façons de faire meilleures que d’autres. Ce n’est pas inné.
      Autre exemple, l’éducation sexuelle. Là aussi, il ne faut pas avoir inventé l’eau tiède hein ? Est-ce pour autant qu’il faut laisser les gamins se débrouiller tout seuls ? Je ne pense pas.

      Pour moi le numérique c’est exactement la même chose. Ce n’est pas parce que papa et maman ont une tablette, un smartphone, un ordinateur que les enfants seront des utilisateurs responsables et avertis du numérique. C’est un peu faire la politique de l’autruche et se disant qu’ils se débrouilleront bien tous seuls. Internet et le numérique nécessitent une éducation qui devient d’autant plus importante que le monde évolue et que ces nouvelles technologies seront indispensables dans l’avenir de nos enfants.

      5. Le fait d’être maman n’est pas un argument pour moi. Désolé.

      6. Je pense que rares sont « les enseignants numériques » qui n’utilisent pas leur bon sens. Je pense même qu’il est sacrément développé chez eux.

      En tout cas merci d’avoir pris le temps de laisser tes impressions, et à bientôt j’espère !

  26. loumaro

    Bonjour,
    Merci d’avoir répondu à mon commentaire.
    Quelques remarques en réponse…
    Pour les écoles numériques rurales, comme c’est la mairie qui finance (il restait à payer, tout n’était pas offert…) c’est la mairie qui a choisi, nous n’avons pas eu grand chose à dire (peut-être la directrice de l’époque a-t-elle été consultée, mais je ne me souviens pas qu’elle nous en ai parlé, donc c’est possible que même pas). Je ne savais même pas qu’il était possible de choisir entre plusieurs pack, je pensais que tous avaient la même chose…

    Pour ta réponse au 3., je ne peux être d’accord. La différence entre tes informaticiens et nos élèves, c’est l’âge. Ce sont des adultes dont le cerveau est mature. Le cerveau de nos élèves est en pleine croissance et si je ne peux te citer les auteurs ni la source, j’ai vu passer une étude qui démontrait une baisse sensible de la plasticité neuronale avec des impacts réels sur les performances futures des enfants. (des zones entières du cerveau avaient été affectées). Je suis loin maintenant de mes études (avant d’être instit) et ne suis pas chercheur, donc j’avoue ne peut-être pas être parfaitement informée, mais lorsque j’ai lu cette parution je me suis dit que je serais dorénavant encore plus vigilente (en tout cas pour mes enfants) ! Je pense que le recul n’est pas suffisant.

    Enfin pour le 4. Je n’ai pas dit qu’ils allaient devoir se former seuls, j’ai simplement dit qu’ils en avaient le temps. Effectivement, avec ce qu’ils ont appris sur le tas chez eux ou ailleurs, ils apprennent très rapidement les fonctionnalités ; et pour le reste (s’en servir correctement) je suis bien d’accord avec toi, il faut un apprentissage, mais il se fait de toute façon au collège et cela est amplement suffisant je crois.
    A force de faire du méga pluridisciplinaire on a de moins en moins de temps pour les bases (lecture écriture). -et je ne suis pas du tout contre les autres disciplines, mais ce n’est pas au collège qu’ils vont revoir la combinatoire, alors que l’histoire, les sciences et autres seront revues et approfondies !- donc je crois qu’il faudrait se recentrer parfois…(ce n’est pas politique, c’est juste mon opinion, intime conviction, forgée après 15 ans sur le terrain)
    SInon, pas de problème, je respecte tout le monde, et je n’ai rien ni contre les geeks ni contre ceux qui travaillent plus à l’ancienne, du moment que les enfants s’y retrouvent! (et si on me demande, je crois me situer un peu entre les deux)

    • Je m’en voudrais de paraître désagréable. Si c’était le cas, imputez-le à une quelconque maladresse et non pas à une intention malveillante. Évidemment, quand on commence comme ça, vous devez vous dire : « Qu’est-ce qu’il va me sortir ? »

      Plus de précautions oratoires. J’y vais. ;)

      Votre commentaire est le type même de commentaire que je ne comprends pas. Votre raisonnement commence par évoquer une gabegie numérique qui voudrait avoir pour conclusion que le numérique ne peut être pratiqué en classe et qu’il est tout naturel d’abandonner. Cela dit, je vous comprends. On renoncerait à moins avec un tel matériel.
      Si l’on veut que le numérique entre à l’école, il faudra sérieusement s’interroger sur les moyens à mettre pour que cela fonctionne, c’est sûr.

      Vous évoquez une vague étude sur le pauvre cerveau affecté de nos enfants. Sérieusement ? La menace numérique, c’est une menace virtuelle, fantomatique ? Ça va faire vingt ans que j’ai eu mon premier ordinateur, je vous assure que je suis en pleine possession de mon cerveau. Si vous pensez le contraire, merci de me l’indiquer. :) Tout au plus peut-on évoquer la fatigue oculaire, mais, cela a été dit, le numérique n’est pas mortifère, il ne remplace pas le livre, il ne s’y substitue pas, il s’y ajoute. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre. Ceci ne tuera pas cela. C’est mon credo. Au reste, on peut très bien éteindre le TBI, la tablette et tutti quanti, et même se parler sans l’aide de machines. Parfois, ça fait du bien.

      Autre point. Vous pensez, et vous êtes très nombreux à le penser, que le numérique s’ajoute, un peu comme une nouvelle matière, à celles qui existent déjà, et que l’on aura moins de temps à consacrer à, par exemple, l’histoire ou au calcul. C’est une idée que je bats en brèche. Si l’on se sert du numérique, ce n’est pas pour faire du numérique, mais précisément pour mieux apprendre l’histoire ou le calcul.

      Dernière chose – mais c’est plus une remarque m’inspirant de ce que j’ai lu çà et là dans les commentaires – le numérique n’est pas un outil. C’est bien plus que ça. Et quand bien même ce ne serait qu’un outil, le numérique induit de tels changements dans les rapports humains, dans la façon de communiquer, d’interagir avec autrui qu’il excède de très loin le simple bénéfice que la plume en métal a pu voir sur l’enseignement des mathématiques lorsque l’on a abandonné la plume d’oie (en permettant d’enseigner des notions pour lesquelles il était nécessaire d’acquérir une certaine dextérité graphique).
      Le numérique, dans le cadre de mon travail, permet d’individualiser la pédagogie pour permettre à l’élève le plus lent, le plus en difficulté de travailler à son niveau. Inversement, il permet de conforter ce même élève dans un travail en groupe, de le stimuler et de l’enthousiasmer. C’est du moins ce qui se passe lorsque nous recourons à l’écriture collaborative (avec Piratepad par exemple). Last but not least, le numérique explose le cadre scolaire, le fait déborder jusque dans les maisons. L’élève convalescent peut suivre la classe (via Skype). L’élève, par la messagerie instantanée, peut être aidé dans ses devoirs.

      Bref, ce n’est pas qu’une affaire de geek.

      • loumaro

        bonsoir,
        en vrac :
        pour les geeks, c’était une boutade, mais le ton du post de départ était quand même en « filligrane » de huer les attardés qui refusent de franchir le pas du numérique, ce que je trouve un peu extrémiste …
        Bref, pour répondre à Yann, je suis entièrement d’accord avec tous les avantages que procurent la technologie et que vous décrivez très bien.
        Quand je dis je suis mitigée c’est que tout cela coûte quand même vraiment beaucoup et dans nos écoles rurales nous n’avons vraiment rien ou presque. Ici ce sont les familles qui achètent l’intégralité des fournitures (la mairie n’a aucun budget pour cela), et comme je l’ai dit, nous avons à peine des livres or vous parlez bien de compléter l’enseignement, à choisir, je crois que la priorité serait d’abord des livres….
        Dans ces conditions je trouve tout simplement exagéré d’exiger que nous soyons tous équipés connaissant la baisse considérable de moyens (ici disparation complète du RASED, et certains de mes élèves en difficultés en pâtissent, je ne suis pas sûre qu’un ordi suffirait à combler ce manque ; avec 29 élèves je ne crois pas que j’arriverais à faire sur ordi ce qu’il faudrait pour que mes 6 élèves les plus en difficulté progressent autant que le leur permettait une aide par une personne spécialisée!). Je reprends (car à cette heure ci je fais des phrases à rallonge) je pense que les moyens justement nécessaires à cette révolution de l’enseignement ne sont pas disponibles pour l’instant… Dans ces conditions, je trouve excessifs les gens qui jugent rétrogrades (voire mauvais) les enseignants qui ne les utilisent pas.
        Sans compter qu’il faut suivre encore financièrement après pour l’entretien, le remplacement, les logiciels etc… Et estimer l’impact sur l’environnement de déchets multipliés en cas d’équipement en masse…. (les ordi sont très vite dépassés, je suppose qu’il en sera de même pour les tablettes).
        Maintenant je comprends très bien notre retard par rapport à d’autres pays, je comprends qu’on puisse avoir envie de le combler! Est-ce que le prix à payer le vaut?

        Ceci dit, je devrais avoir prochainement un vidéoproj et je compte bien m’en servir, mais pour le faire j’utiliserai mon ordi portable perso… Et donc, je reviens à la question de moyen et d’équité dans l’éducation « nationale »…
        Pour conclure, je ne me sens pas offensée par les remarques des uns et des autres, nous n’avons pas à être tous du même avis. Désolée que mon comm’ vous ait paru insipide.
        -et puis je reviens à l’impact sur les enfants, je ne connais pas votre âge mais je doute que vous ayez « subi » autant d’heures de tablette, ordinateur, TV, play, DS ou tout autre écran tous les jours depuis l’âge de 4 ou 5 ans (puisque l’on parlait de maternelles) que les passent les enfants d’aujourd’hui. L’impact sur les cerveaux des enfants n’est pas le même que sur celui d’un adulte. Il y avait la tv, je l’ai regardée enfant aussi, mais pas autant, et je n’avais pas d’écran en plus.Oui vous dites travailler sur écran, je suis d’accord, mais l’avez vous fait autant tout enfant ? Personnellement je pense passer beaucoup (trop) d’heures devant, mais je suis adulte… En plus, je le choisis, nous l’imposons à ces enfants, en avons nous le droit? Je m’interroge en voyant fleurir pour noel toutes ces tablettes pour bébé… Peut-être ai-je tort?-

        Par fatigue occulaire, je pense notamment aux enfants contraints d’écrire dans la pénombre parce que pour voir à peu près bien ce qu’il y a sur le tbi il faut fermer les stores et donc écrire dans « le noir ». (soit on ne voit pas l’écran, soit pas le cahier…) Peut-être est-ce parce que je suis dans la campagne profonde, mais la réalité est là, nous utilisons le matériel existant, et je ne le trouve pas forcément des plus adapté au bien être des enfants.
        J’espère que mon vidéoproj sera assez lumineux pour éviter ce problème!
        Enfin, je termine en disant que si par miracle toutes les écoles de France pouvaient être équipées également de matériel correct, je prends aussi (en l’utilisant modérément)!!!!
        Je suis ambivalente? peut-être…

        (et je précise que je ne voulais nullement traiter quiconque d’imbécile en sous entendant que toute personne passant du temps sur l’ordi ou la tablette avait forcément le cerveau ramolli !!!!)

      • Peut être que l’incompréhension vient de quelque chose que j’aurais dû préciser dans l’article. Pour moi, ce n’est pas parce qu’on n’utilise pas le numérique qu’on est un mauvais enseignant. Loin de là. La plupart de mes collègues à l’école ne partagent pas mon attrait pour les nouvelles technologies et pourtant nous travaillons main dans la main et nous entendons très bien.

        Ce que je voulais dénoncer, ce sont les idées reçues et les personnes qui les véhiculent.

        Encore une fois je comprends ton expérience malheureuse. Mais de ce que je peux en lire, c’est surtout parce que vous avez été équipés d’un matériel pas génial. J’ai des tablettes qui ont 2 ans et demi dans ma classe qui marchent comme au premier jour. Mon VPI ne nécessite pas que je ferme les volets de ma classe et ce, après un an et demi d’utilisation.

        Mais malheureusement comme tu l’as souligné, les enseignants ont rarement leur mot à dire sur le choix du matériel.

        J’ai vécu les démarrages qui prennent 10 minutes et où on se dit… « Pfff la prochaine fois, je ferai des photocopies. » Du coup j’ai pris en main le choix du matériel dans l’école où j’ai été envoyé l’année suivante (dans laquelle je suis toujours).

        Enfin, non, bien sûr qu’une machine ne remplacera jamais un enseignant. Mais elle peut lui permettre, comme le disait Yann, de mettre en place des stratégies très efficaces de différenciation. Pas plus tard que cette semaine, j’ai reçu les mamans de 2 élèves qu’on disait en difficulté l’an passé. Cette année, changement radical. Envie de venir à l’école, ils se sont pris en main, réclament de travailler à la maison. Bref, ils avancent.
        Tout ça en majorité parce qu’ils ont cette année, un programme individualisé, basé sur l’autonomie et la responsabilité dans les apprentissages. Une grande partie de ce programme repose sur des interactions avec les tablettes. Le gain de temps, l’autonomie… C’aurait été impossible pour moi de gérer ce fonctionnement sans un « assistant numérique ».

        Ne désespère pas ! La technologie progresse tous les jours. L’école doit s’emparer de ces progrès.

  27. Hello, je suis arrivé sur votre blog via le site de Evernote. Je suis illustrateur, et suis en contact assez régulièrement avec des enseignants. J’avais jugé leur cas desespéré par rapport aux nouveaux outils, vous me redonnez espoir !! Mais pour certains (beaucoup) de vos collègues c’est pas gagné, houlààààà !

  28. loumaro

    réponse à François : dans ce cas nous sommes bien plus d’accord qu’il n’y paraissait au départ…

    Question quand même : tu ne parles pas du tout du financement… QU’en est-il pour toi? (combien de tablettes, pour combien de classes, pour quel budget?

    Enfin, je signale un « problème » récent mais bien embêtant : en vue de l’utilisation prochaine du tbi, j’ai cherché à acheter le fichier utilisé en classe en version numérique. La mairie a deux comptes dans des librairies et jusqu’ici nous commandions (en fonction du budget) ce dont nous avions besoin directement et la facture était envoyée à la mairie qui paie (ou pour d’autres fournitures, il y a des catalogues où ils acceptent le paiement après réception).
    Or ces 2 librairies (et une autre à qui j’ai posé la question) vont confirmé ne pas pouvoir obtenir les fichiers en versions numériques parce que les éditeurs font de la « rétention ». Résultat si je veux m’équiper, je paie de ma poche (en commandant sur internet par exemple, parce que là on peut les acheter très facilement) ou je m’en passe, la mairie refusant tout autre système de paiement que sur facture directe (ils refusent de me rembourser sur présentation ultérieure)!!!
    Une fois de plus les moyens sont compliqués et difficiles à obtenir !

    • Salut loumaro,

      Pour le financement j’explique le cas de ma classe dans la rubrique FAQ du blog. Tu y trouveras toutes les réponses.

      Pour le reste, les seuls problèmes que j’entrevois dans ce que tu me racontes sont liés à un choix de matériel pas forcément judicieux (tu n’y es pour rien) et à une mairie pas vraiment coopérative (tu n’y es pour rien non plus). J’ai envie de dire que c’est un peu la faute à pas de chance. Peu de lien, du coup, avec l’outil numérique et le champ de possibilités qui en découle. Pour les moyens, il faut espérer que le discours de notre ministre sera mis en pratique. Moi je ne fais que montrer ce qu’on peut faire avec des tablettes et un peu d’imagination. N’étant pas décideur des budgets alloués aux écoles, je ne peux malheureusement rien t’apporter sur ce point. Mais sache que je suis de tout coeur avec toi et que j’espère que tu obtiendras ce que tu souhaites.

      (Sinon pour le cerveau, je bidouille sur ordinateur depuis l’âge de 6 ans, j’ai été « nourri » à la console de jeu et encore aujourd’hui j’ai mon iPad en permanence dans mon sac : tout va bien, je crois que j’arrive encore à réfléchir correctement hihi.)

  29. loumaro

    je me corrige : j’aurai un vidéoprojecteur et non un tbi !!!

  30. Je seconde! J’admets que je ne suis pas l’enseignante la plus technologique, mais je fais les pas un à la fois et `mes élèves mettent de lus en plus souvent les mains sur les touches; le plus simplement possible!

    Je me souviens de l’arrivée d’internet dans les maisons. Je ne sais pas par chez vous, mais dans mon entourage, plusieurs avaient le discours que « c’était dangereux, internet! ». C’était trop puissant et tout devenait accessible…

    Je mettrai en emphase le bout de ton article où tu dis que la technologie, ce sont des outils et qu’ils doivent être bien utilisés pour en valoir la peine. Si chaque élève a une tablette, mais que l’enseignement fait avec cet outil est médiocre, il n’en vaut pas la peine! Par contre, il en va de même avec un manuel!
    Merci pour la réflexion!
    M-Eve

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