Feuille de route, plan de travail, bon de commande : comment amener les élèves à baliser leur chemin dans les apprentissages ?

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Les ceintures de compétences, c’est bien. Mais encore faut il donner aux élèves les outils pour exploiter le dispositif correctement. Les ceintures constituent un référentiel. Mon objectif est d’aider les élèves à apprendre à organiser seuls leur travail grâce à un plan de travail hebdomadaire qui joue le rôle de feuille de route afin qu’il évolue facilement dans ce référentiel.

Je rappelle que mes élèves sont des CE1 CE2 qui découvrent ce fonctionnement en arrivant dans ma classe (parfois ils y restent les 2 années et c’est beaucoup plus simple). Il y a donc tout un apprentissage sur la méthodologie et l’autonomie dont la durée varie en fonction des élèves qui doit se faire en parallèle.

Pourquoi chercher à les amener à organiser leur travail ?
Tout simplement pour qu’ils soient acteurs de leurs apprentissages. Les enfants sont curieux par nature. Dès le début de l’année ils peuvent avoir accès à la liste de tout ce qu’ils vont apprendre dans l’année à venir (et plus loin encore). Cela leur permet de s’interroger. J’ai pour objectif également de les faire se questionner sur l’état de leurs savoir : « Qu’est-ce que je sais faire ? ».

Souvent en début d’année des élèves choisissent de travailler des items que nous n’avons pas encore abordés. Je les laisse faire régulièrement afin qu’ils puisse se rendre compte par eux même « Ah et bien, non, je ne sais pas encore faire ça. Qu’est-ce que je peux faire pour y remédier ? ». Le statut de l’erreur est donc à travailler en parallèle : se tromper, c’est bien !

Il y a donc derrière ce dispositif un enjeu majeur dans le rapport de l’élève à son savoir et à celui de l’enseignant.
Comment amener les élèves à s’organiser seuls ?
Bien sûr je ne les laisse pas dans le noir total. Dans la feuille de route, il y a un indicateur d’autonomie qui me permet d’identifier les élèves qui ont le plus besoin de moi et de les accompagner pour qu’ils gagnent en autonomie. Il y a donc 4 niveaux.

Dans le premier, pour démarrer, c’est moi qui fais et qui choisis, en discutant avec le groupe d’élèves concernés sur la pertinence de mes choix. Dans les degrés suivants, je laisse progressivement les élèves compéter la grille. Dans un premier temps, elle fait office de « bon de commande » que les élèves me remettent afin que je le valide et que je les dirige vers les moyens de validation associés (fiches de progrès ou autre). L’avantage de ces degrés d’autonomie c’est qu’ils me permettent de prioriser mes déplacements. Je sais que je vais aller en priorité vers les degré 0. Les degré 3 n’ont, théoriquement, pas besoin de mon aide et peuvent d’ailleurs me donner un coup de main dans l’accompagnement des moins autonomes (mais ça c’est surtout lorsque je garde des élèves 2 ans).

Je prends généralement 30 minutes soit le lundi matin pour la semaine qui démarre, soit le vendredi pour la semaine à venir (c’est d’ailleurs vers ce dernier que va ma préférence car il laisse le week-end pour s’interroger sur la semaine qui va suivre) pour laisser aux élèves le temps de remplir leur plan de travail et en discuter avec eux (voire les laisser en discuter et en débattre entre eux).

Les moments de travail qui en découlent ont des plages spécifiques dans l’emploi du temps (et peuvent avoir lieu sur des temps de travail personnel ou de modules en Français ou en maths).

Un formidable outil de différenciation
C’est donc sur ces temps et grâce à ces parcours individualisés, que j’axe le gros de la différenciation dans ma classe. Chacun peut ainsi aller à son rythme. Je peux prendre du temps avec les élèves qui ont besoin d’un étayage et ceux qui avancent vite n’ont pas besoin de m’attendre (ils ont même, s’ils le souhaitent, accès aux ressources pour aller au delà des notions que je planifie de travailler sur le compte Evernote de classe).

 

 

Pour les parties Histoire, EPS, LVE etc… je fonctionnerai en atelier les après midi, mais ça j’en parlerai dans un billet dédié. Idem pour les dictées. Cette année, je laisserai chacun se fixer des objectifs de maitrise de l’orthographe.

Pour résumer, ce plan de travail, cette feuille de route, ce bon de commande, appelez le comme vous voudrez, est selon moi un indispensable dans le dispositif des ceintures de compétences car il permet à l’élève de baliser son chemin et à l’enseignant de mettre un focus sur les besoins spécifiques de sa classe. Le rapport au savoir est aussi mis en avant. L’enseignant est un guide, il est là pour aider l’élève à faire seul et à se passer de lui en quelque sorte.

3 Commentaires

Classé dans Plans de travail/ Évaluation autogérée

3 réponses à “Feuille de route, plan de travail, bon de commande : comment amener les élèves à baliser leur chemin dans les apprentissages ?

  1. un petit conseil, effectuer un bilan du plan de travail.
    Assez simple : ai-je atteint mon objectif ? oui/non, si non, pourquoi ? manque de temps, besoin d’entraînement, je n’ai pas assez bien compris, j’ai besoin qu’on m’explique…
    Cela permet à l’élève de donner du sens aux moments de classe (travailler une leçon, faire des exercices, se préparer, être efficace dans le temps prévu, …).

  2. salut François !
    j’ai mis en place la feuille de route en début de période 2 sur ton modèle pour accompagner les PDT des ce1
    un peu destabilsés au début, mes élèves apprécient vraiment beaucoup maintenant et on beaucoup gagné en autonomie
    alors merci pour le partage de tes idées !!
    bon week end !

  3. mince ! « ont » et pas « on »

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