Pour des devoirs facultatifs

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Ah les devoirs… Grande histoire… En tant qu’enseignant on nous reproche toujours d’en donner trop ou bien pas assez. Alors quelle place pour les « devoirs » dans mon fonctionnement ?

Je pense avoir trouvé une parade pour contenter tout le monde tout en gardant mes principes pédagogiques intacts. 

Dans un premier temps, pour clarifier ces derniers, je tiens à dire que les devoirs à la maison…comment dire… Je n’en vois pas l’utilité. Quand j’en donne, j’ai la sensation de me décharger d’une partie de mon travail auprès des parents de mes élèves. En gros, je n’ai pas eu le temps donc faites à ma place. Je trouve que c’est mettre les parents et les enfants dans une position très délicate et complexe. Certains sont parfois complètement démunis face aux difficultés de leur enfant et c’est tout à fait normal. 

Et puis soyons lucides, les élèves fragiles sont-ils vraiment ceux pour qui il faut déléguer notre travail de professionnel ? Après une journée de classe bien chargée qui plus est ? 

D’un autre côté, certains élèves sont en demande de poursuivre leurs travaux ou leurs découvertes (dans le cas d’une classe inversée) après la classe… Ce serait dommage de leur refuser la possibilité d’approfondir ou de revoir une notion.

Alors comment faire pour coller au mieux aux besoin de tous.

Je crois que j’ai une piste. Celle ci n’engage bien sur que moi, mais j’ai bien envie de la mettre en place dès la rentrée.

Au revoir donc cahier de texte ! Et place aux devoirs facultatifs.

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Place à la feuille de route. Et oui ! Elle était là sous mon nez. Elle contient le planning des travaux que l’élève a prévu pour la semaine. L’idée c’est donc de faire rentrer le portfolio qui contient le PDT de la semaine (rempli le vendredi après-midi pour la semaine qui vient) tous les soirs à la maison. L’élève aura donc la possibilité de regarder les vidéos associées aux items qu’il a inscrit dans son PDT, apprendre un poésie de son choix, s’entraîner à mémoriser des listes des mots, préparer un exposé… Tout ça chez lui OU à l’école sur le temps de travail personnel.

Bon alors je me doute que ça va troller bien comme il faut sur ce sujet… Il n’empêche que, moi, je ne donnerai plus de devoirs mais des conseils et un guidage personnalisé grâce au PDT et je pense que ça va en rassurer plus d’un voire que ça évitera des prises de têtes dans les foyers. Bien sûr je resterai disponible pour les familles en demande de conseils pour apporter de l’aide à leurs enfants.

14 Commentaires

Classé dans Education

14 réponses à “Pour des devoirs facultatifs

  1. bien d’accord avec toi ! je refuse que les élèves emmènent du travail écrit ou des corrections à la maison, je trouve que c’est mon travail et pas celui des parents
    j’ai décidé d’alléger encore drôlement l’année prochaine, surtout avec le mercredi matin en plus
    ton idée me tente bien mais je vais y aller en douceur car depuis 2 ans je révolutionne déjà pas mal de choses ,

  2. Ah les devoirs !!!! Je n’en donne plus depuis 10 ans (devoirs écrits, s’entend…)et je suis en CM2. Et dans l’école où je suis, je suis la seule à ne pas en donner. Autant dire que j’en ai entendu des vertes et des bien rouges aussi. Mais, je suis intimement ancrée dans mes convictions et rien ne me fera changer d’avis ( la liste des raisons qui m’ont fait abandonner les devoirs écrits est suffisamment longue pour pallier aux assaillants…) Beaucoup de parents viennent me remercier (notamment ceux d’enfants en difficulté ou pour qui le temps de devoirs a toujours été un calvaire/affrontement) Aux autres, j’ai toujours répondu que s’ils voulaient s’exercer à la maison, cela ne posait aucun problème, qu’il y a assez de sites ou de livres proposant des exercices complémentaires pour qu’ils y piochent leur propres devoirs. Il m’est arrivé aussi que certains élèves me demandent des exercices supplémentaires pour réviser une éval et bien sûr je leur ai donnés.
    Ton idée de plan de travail me semble vraiment intéressante. En attendant un retour de ton vécu….
    Merci beaucoup pour ton site très intéressant et très riche. = )

  3. Je trouve l’idée vraiment super. En tant que parent, un des avantage des devoirs est de « suivre » ce qui se passe en cours (surtout si on ne voit jamais l’enseignant). Si l’information est disponible via un Plan de Travail, une grande partie de l’objectif est atteint.
    J’avais lu quelque-part (il faut que je trouve la référence) une idée (au Canada) sur le fait que l’enfant fasse le travail en classe (sur le temps consacré à corriger les devoirs) et présente au parent une activité du jour de son choix. La présentation étant le moment d’échange avec le parent (et non plus la corvée des devoirs).

  4. Je n’en donnais pas et puis je suis revenu en arrière…
    Pour un certain nombre d’élèves, revenir au calme, en différé, sur les points clés de la journée est utile

    lire, relire ou apprendre une leçon qui a été travaillée en classe et dont on a besoin (relis puis explique à un adulte ce que tu as compris de…), s’entraîner à faire quelque chose de difficile en plus du temps de l’école (quelques opérations par exemple), chercher des informations, des idées, du matériel pour une activité de classe (donner la consigne de l’activité d’arts plastiques 2 jours à l’avance par exemple)… ce sont des activités complémentaires au travail de classe qui me paraissent intéressantes .

    Sinon, j’essaie d’encourager les élèves à préparer les plans de travail à la maison pour que le temps de travail individuel en classe soit plus efficace, pour que les enfants atteignent plus facilement leurs objectifs.

    En revanche, si les devoirs que je donne ne sont pas faits, je considère que ce n’est pas de ma responsabilité et que ce n’est pas mon problème, je ne sanctionne jamais.
    Ce ne sont que des pistes pour faciliter les apprentissages, pas les apprentissages en eux-mêmes, ceux-là, ils sont faits en classe.

    Si un élève avec sa famille considère que ce n’est pas important, qu’il sait déjà, qu’il n’a pas envie, qui suis-je pour juger de l’utilisation du temps des enfants à la maison ?

    • Le retour au calme j’y crois moyen. Dans certains foyers, l’ambiance n’est pas forcément plus « calme » qu’en classe. De plus les élèves en difficultés sont ils capables d’effectuer d’eux mêmes ce retour au calme ? Pour moi qui ai des CE1 c’est quasi impossible. Ils n’y sont pas encore prêts. Du coup on en revient à se décharger sur les familles et comme je le disais dans l’article, je m’y refuse. Les élèves demandeurs ne seront pas lésés puisqu’ils auront la possibilité de faire des « devoirs » qui seront, comme le le dit le titre, facultatifs.

  5. En ce me concerne, je suis très fâchée contre les devoirs. Mes principes me pousseraient à ne pas en donner… J’ai des ados en grand difficulté scolaire et il est hors de question de leur donner des devoirs classiques, car leur autonomie est réduite (concentration, stratégies de travail, motivation, etc.). Alors la solution trouvée est double :
    1. donner des exercices obligatoires que j’appelle « gym du cerveau » et qui sont indépendants de ce qui est fait en classe (la correction se fait en groupes ou sous forme d’auto-correction individuelle). Mes élèves disposent tous d’une progression individuelle en français et en maths, car aucun des 13 n’a le même rythme de travail ou les mêmes difficultés… Ils peuvent donc poursuivre ce travail en autonomie à la maison, si cela a été correctement préparé en classe;
    2. si le travail de la semaine n’a pas été terminé, l’élève peut rester plus tard que 15h15 (heure officielle de fin des cours) un ou plusieurs jours, avec l’accord des parents.
    Tout cela est quand même casse-tête et quand on y pense, on est proche du thème de l’hybridation !

  6. Bonjour,
    Vous savez certainement que la FCPE lutte depuis des années pour qu’il n »y ait aucun devoir. Personnellement je suis toujours mitigé. Votre idée me semble un bon compromis, car les « bons » élèves ont besoin d’être stimulés aussi et la valeur travail s’apprend aussi en famille quand on a la chance d’avoir une famille qui suit. Je ne suis certainement pas conventionnel aux idées FCPE pour dire cela mais parfois il faut aussi sortir des cadres quand cela s’impose et une bonne idée demande a être encouragée. Je vous écris tout cela pour que si des parents d’élèves élus viennent vous reprocher cela vous puissiez dire que d’autres sur le papier approuvent.
    J’invite d’ailleurs d’autres à vous encourager dans le respect de l’éducation nationale.
    Wirtz Sébastien
    Président FCPE Verdun et FCPE Meuse

  7. Charivari

    Alerte coquillette : dans degré d’autonomie 0, un accent de trop sur un a.
    Bye ! (Dac avec toi pour les devoirs, sinon)

  8. L’intention est louable indéniablement.

    Mais en tant que parent :
    Le suivi continu et le rattrapage réitéré des multiples carences de mes enfants (2 filles de 10 ans et 16 ans, pourtant bonnes élèves) a été, et est reste un invariant de leur scolarité..

    Votre postulat de départ repose sur l’idée que l’enfant reçoit en classe le meilleur et l’essentiel de ce qu’il doit apprendre …
    Si je suis prêt à admettre que votre classe répond à ce postulat. L’observation objective du paysage éducatif m’autorise à dire que ce postulat n’est vrai que pour une infime minorité de classes, d’enseignants et d’élèves.
    En dépit des carences évidente des parents en matière pédagogique et de transfert des savoirs (même si certains s’en sortent plutôt bien..) force est de constater que le suivi imparfait et le travail des enfants au sein de la cellule familiale et au delà de la structure scolaire, reste la meilleure garantie de succès sur la durée.

    Pour conclure mon propos dissonant, j’ajouterais non sans malice que même Zidane ne s’est pas contenté étant enfant de ses entrainement en structure (le mercredi et le dimanche en club). L’essentiel de son talent s’est exercé principalement hors structure, en famille, avec les potes, avec du plaisir et sans compter son temps . Pour une raison simple :
    Le travail hors cadre et facteur temps sont essentiels pour renforcer et asseoir n’importe quelle compétence. Cela est indéniable pour le sport, les arts … et n’est ce pas le cas pour les savoirs dispensés à l’école …. ?

    Evidemment ce n’est qu’une modeste opinion. Je passais par là ..

    Bravo encore pour ce blog innovant !

    Xavier, Boulogne-Billancourt

    • Bonjour Xavier. C’est un discours d’une personne qui est capable de combler d’éventuelles « carences » comme tu dis (bien que cela implique de remettre en question les compétences professionnelles des enseignants, ce qui me paraît une vraie erreur). Pense aux autres ;-) Toi aussi tu fais partie d’une minorité et tant mieux pour tes enfants. Enfin mon objectif n’est pas que mes élèves rencontrent le « succès » mais qu’ils acquièrent les compétences exigées par l’école et au delà de ça un savoir vivre en communauté et un esprit de partage.

  9. Mayleb

    Je suis d’accord avec l’idée qu’il vaut mieux éviter les devoirs à la maison. Je donne quand même des leçons à apprendre, avec une fiche guide sur ce qu’il faut savoir et une fiche trucs et astuces pour apprendre élaborée en classe avec les élèves. Quant à emporter le plan de travail à la maison, c’est non car je connais quelques parents de bons élèves qui vont tout faire faire à la maison et même camoufler les erreurs. Pas facile à gérer ensuite et maintien des inégalités.

    • Je n’ai jamais compris comment on pouvait apprendre une leçon ailleurs qu’en classe. Et ça veut dire quoi « apprendre » un leçon ? Par cœur ? Quel intérêt ?
      Pour le PDT je prends le parti d’éduquer et de faire confiance, autant aux enfants qu’à leur famille.

  10. bartounet

    Bonsoir,
    je suis enseignant dans le 93, et j’ai arrêté de donner des devoirs depuis 4 ans déjà.
    Je me suis forgé tout un attirail de réponses à des contradictions parentales (au début) ou administratives (souvent) ou par rapport à mes collègues (je suis le seul de l’école à ne pas en donner) et je resterai droit dans mes bottes.
    Pour moi les devoirs à la maison sont une aberration.
    Je suis ravi de voir que beaucoup ont le même ressenti vis à vis de cette pratique (interdite depuis longtemps).
    Ce que j’observe depuis que j’ai commencé c’est des élèves bien plus ouverts sur les apprentissages, voir même tellement intéressés par leur travail qu’ils continuent seuls à la maison et approfondissent des notions dans des exposés qui ont explosé dans ma classe (et de leur propre initiative).
    J’ai pu observer des parents réticents au début, souvent car ils n’ont connu que cela comme pratique mais qui viennent me voir ensuite pour me dire que l’ambiance à la maison est devenu sereine et que même leurs enfants commencent à leur raconter leur journée de classe, une chose nouvelle apparaît à la maison: le dialogue.
    Quand à l’administration, je ne vous dirai pas ce que l’en pense…

    Merci en tout cas de votre article qui fait très plaisir à lire.

    Et continuez, je découvre votre travail avec grand plaisir.

  11. Entièrement d’accord avec toi! Et laisse-moi te dire que j’adore le concept des « petits » sourires plutôt que des smileys tristes: petit détail pour certains mais qui peut avoir une grande influence sur l’esprit et la motivation des élèves ;)

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