[Mise à jour] Pas à pas, démarrer sa Twittclasse

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[Edit] Je mets à jour cet article car en ce moment je travaille beaucoup à la formation à l’usage de Twitter en classe avec les collègues de mon école (déjà 15 classes sur le primaire !!!). Du coup je trouve important de faire un petit update de cet exemple de méthodologie.

Depuis que je parle des Twittclasses sur le blog, j’ai régulièrement des questions d’enseignants qui souhaitent se lancer. C’est génial : c’est contagieux !

Alors je vais essayer de faire ici un petit « pas à pas » pour créer sa Twittclasse.

Avant toute chose, rappelez vous que Twitter reste un outil. Il faudra l’intégrer à vos apprentissages et pas l’inverse (même si l’outil parfois nous fait modifier nos modalités pédagogiques). Voici donc les étapes qui me paraissent indispensables pour se lancer dans ce projet d’écriture passionnant.

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1. La toute première chose à faire : Créer un compte personnel

Comme pour tout, il vaut mieux avoir pratiqué de manière personnelle avant de se lancer. Apprendre les codes de Twitter est important avant de les proposer aux élèves. Le TwittMOOC peut vous y aider

2. Créer le compte de classe. 

C’est tout simple. Il suffit de suivre la procédure d’inscription en se rendant sur twitter.com.  Vous y choisirez entre autres choses, un nom d’utilisateur.

Ce sera aussi le moment de choisir de rendre le profil privé ou de l’ouvrir (modifiable par la suite). Il faut savoir que si le profil de votre classe est protégé, seuls les profils autorisés par vous pourront avoir accès à votre Timeline et correspondre avec vous. D’un autre côté si votre profil est ouvert, il l’est à tout le monde.

Un profil ouvert peut faire peur quand on démarre. Pourquoi dans ce cas, ne pas commencer avec un profil fermé et décider ou pas, de l’ouvrir par la suite ? Le fait d’avoir un profil ouvert permettra des échanges plus nombreux et plus riches et donc des occasions de produire de l’écrit supplémentaires.

Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, c’est vous qui êtes maître de l’outil et de son utilisation.

3. Informer les familles et votre hiérarchie.

Même si notre ministre a récemment salué l’initiative des Twittclasses, il me paraît important d’informer son IEN ou son responsable TICE lorsqu’on se lance dans ce projet (pour éviter les mauvaises surprises). À ma connaissance, il n’y a eu qu’un seul refus recensé.

Il me parait également primordial d’informer les familles des élèves de la mise en place de ce dispositif, ne serait-ce que pour les rassurer. L’aspect réseau social peut être déroutant. Il sera intéressant d’expliquer aux parents le pourquoi de ce projet, qu’il s’agit d’un outil pour écrire. En début d’année, j’ai adressé un dossier et un tuto adapté de celui de Bertrand Formet aux familles pour leur expliquer les enjeux et objectifs du projet. J’ai ensuite développé le sujet lors de la réunion de rentrée. N’oubliez pas de demander une autorisation pour publier les productions de vos élèves également.

4. Se créer un réseau

Il y énormément de profs sur Twitter et des profs qui eux aussi utilisent Twitter en classe. Appuyez vous sur eux. Si vous voulez être au courant des projets en cours, je vous conseille le compte @Twittconseil avec laquelle beaucoup de profs créent leur projets d’écriture. Je suis énormément de profs alors si vous voulez, vous pouvez piocher dans mes abonnements (que de la qualité bien entendu ^^) parce que ça serait trop long de les citer tous. Profitez en pour mettre votre twittclasse avec les leurs.

5. Encadrer

Lors de séances de découverte, on expliquera les principes de bases de Twitter aux élèves, la limite des 140 caractères (utilisation d’une grille pour le brouillon), le fait que ce qu’on écrit peut être lu par n’importe qui et du fait de l’importance de respecter des règles. De là en découle la charte Twitter que les élèves vont réaliser. Cette étape est pour moi cruciale. On pourra la réaliser avant de démarrer l’aventure ou après une période d’utilisation et d’observation.

Il faudra expliquer aussi les notions techniques (les différents boutons, les indicateurs). Un peu plus tard, j’aborde les notions de « retweet » et de « favoris ».

6. Il ne reste plus qu’à se lancer. 

Pourquoi ne pas commencer par un « #Bonjour » ? Ou bien un projet du type #dansmonécole ? Au départ on tâtonne, on montre juste, mais rappelez vous que l’enjeu c’est de communiquer ! Ne tombez pas le piège d’écrire uniquement des messages qui resteront sans réponse. Hé oui, au début on n’était pas nombreux, on savait où se trouver. Maintenant que les twittclasses sont légions, il est facile d’être noyé dans la masse et de voir ses messages sans réponse. Or c’est ça qu’il faut viser : l’écrit avec enjeu communicatif. Que ça soit par le biais d’une #twictée, d’un #photoproblème, ou d’un #AnimeUneHistoire, peut importe.

Vous trouverez de nombreux exemples d’utilisation de Twitter dans ces articles.

Enfin, un bon citoyen numérique cite toujours ses sources : au primaire, les profs qui ont lancé la Twittclasse c’est Alexandre Acou et Jean-Roc Masson. Un petit mot pour les saluer et les remercier fait toujours plaisir.

Bref, maintenant : à vous de jouer !

L’étude de la langue à partir des écrits (numériques) des élèves

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ecriture

Jusqu’à présent je travaillais l’étude de la langue avec un très bon bouquin (Réussir son entrée en grammaire chez Retz). Oui mais voilà, j’en ai fait le tour et il y a des choses qui me dérangent.

« C’est en écrivant et en lisant qu’on apprend à écrire et à lire (écrire signifie ici rédiger). » 

Célestin Freinet

C’est lisant « La grammaire en 4 pages » de Freinet que ça m’a fait « tilt » ! Et si, au lieu de partir de ce texte arbitraire de mon bouquin pour étudier telle ou telle notion, je partais de écrits des élèves ?

Alors je suis encore loin de maîtriser la méthode dite « naturelle » (oui j’ai encore besoin de cloisonner un peu) mais je me suis demandé comment orienter les écrits pour travailler une notion. Le but est de laisser les enfants produire du texte avec néanmoins quelques rails pour observer des règles de français.

Je vous donne un exemple.

J’avais prévu de travailler le futur avec mes CE2 en période 2. Généralement cette séquence se clôture par un travail d’écriture sur Twitter #Danslefutur. Pour cette production les élèves doivent imaginer ce qui pourrait se produire dans le futur.

Au lieu de finir par cette production, j’ai commencé avec, sans donner de règle particulière. Les élèves se sont emparés de la tâche, ont produit. De mon côté je corrigeais sans donner forcément d’explication. Grâce à la balise #Danslefutur je pouvais récupérer toutes les productions. Petit à petit j’ai amené des contraintes, comme par exemple l’utilisation de certains pronoms.

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C’est une fois tous les tweets publiés que nous nous sommes attardés sur les règles. Nous avons observé les terminaisons, le faire que le radical se trouvait être la forme infinitive de chaque verbe (sauf 3ème groupe) et les élèves on construit petit à petit la leçon eux-mêmes, en débattant, proposant, manipulant…

Et ça leur parlait beaucoup plus ! « Dans le tweet de J. y a la terminaison -ons, comme dans celui de A. ! »

J’en suis donc arrivé à la conclusion qu’à chaque fois que ce sera possible je partirai sur un écrit avec la Twittclasse pour amener une notion de français. Du coup mes séquences prennent l’aspect suivant : production, observation (manipulation), structuration, entraînement et se clôturent par un transfert via une capsule réalisée par les élèves. (Inversion de la classe inversée ?)

Dire que j’avais l’impression que Twitter en classe n’avait plus de secrets pour moi… Je découvre encore les bienfaits de sa dimension communicative !

Twitter & la soustraction avec retenue

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Une fois n’est pas coutume, je vais vous proposer des fiches (oui oui) dans cet article.

Pas des batteries d’exercices hein, mes fiches de prep et les documents supports dont je me sers pour cette séquence. Pourquoi je vous la propose ? Et bien pour 2 raisons. La première c’est que c’est moi que je l’ai faite du début à la fin avec mes petites minimes. Ca ne vient pas d’un bouquin ou d’autre chose trouvé sur internet, donc pas de souci de droits d’auteur. La deuxième, c’est que je la trouve aboutie. Pas parfaite bien sûr, mais aboutie.

Alors rentrons dans le vif du sujet. Cette période j’ai abordé la soustraction avec retenue avec mes élèves. J’avais pour objectif qu’ils maitrisent la technique opératoire avec « cassage » de la dizaine en fin de séance.

J’ai travaillé en 6 séances (sachant qu’il y a eu et qu’il y aura encore des séances d’entraînement et d’application pour bien assoir le truc).

Séance 1 : La situation problème.
J’ai réuni mes élèves de CE1 au coin regroupement. J’avais au préalable préparé des cubes. Plus précisément 2 dizaines et 3 unités (soit un total de 23 cubes). J’ai pris une photo directement dans une note Evernote

Après avoir effectué quelques rappels sur les notions de dizaines et d’unités et ainsi fait émerger le nombre de cubes sur le tapis, j’ai dis que je voudrais enlever 8 unités.
Ô joie c’est une de mes élèves en difficulté qui s’est écriée « Mais on peut pas ? » et c’était parti.

« Bah si on a qu’à casser un dizaine » lui a rétorqué un autre élève.

Nous avons donc « démonté » une des dizaines puis observé qu’il n’en restait plus qu’une et qu’un avait maintenant 13 unités.

« Ah bah maintenant on peut » nous a alors déclaré la jeune fille. Là aussi : photo dans la note.

Enfin nous avons enlevé les 8 cubes que nous voulions retirer et compté combien il en restait. Là encore : photo.

Pour finir sur cette séance, nous avons annoté et commenté les photos.

Séance 2 : Manipulation et #photoproblème
C’est là qu’intervient Twitter et sa dimension communicative. Le #photoproblème je vous en parle dans ce billet. A l’aide de la fiche support ci dessous j’ai demandé à mes élèves de résoudre de petits problèmes de la même nature que celui que nous avions résolu lors de la séance précédente. L’objectif était de prendre en photo les 3 étapes que nous avions réalisées au paravant.
Manipulation de cubes, cassage de dizaine, observation etc… Voici un exemple.

Séance 3 : la technique et l’abstraction
Avec pour support les tweets de la séance 2, nous avons rappelé les 3 étapes et nous avons appliqué la technique à une soustraction posée. Le vocabulaire étant identique l’abstraction s’est faite plus facilement pour la majorité des élèves. Pour 2 élèves en difficulté il faudra plus de manipulation.
Séance 4 : entraînement
On a posé des soustractions tout simplement et appliqué la méthode que nous avons élaborée.

Séance 5 & 6 : encore du photoproblème mais dans l’autre sens
Cette fois-ci la fiche support était un peu différente. Il s’agissait de prévoir le #photoproblème avant de manipuler dans un objectif de transfert des connaissances acquises.

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On choisit un nombre, puis on soustrait un autre en faisant en sorte d’avoir besoin de « casser » une dizaine. Le dessin était cette fois-ci réalisé avant la manipulation pour la prise de photo. En fin de séance : on tweete !

J’ai trouvé que cette séquence faisait sens. il y a plusieurs méthodes pour la soustraction, l’objectif n’est pas de débattre sur la pertinence de telle ou telle technique, mais si vous vous retrouvez dans celle-ci pourquoi ne pas essayer ?

#parlecommeYoda pour identifier les compléments d’objets

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Hier, au détour d’une correction d’exercice sur les compléments d’objets, en essayant de déplacer un des fameux compléments, un élève à fait la remarque suivante : « c’est comme ça que Yoda parle ! »

De fil en aiguille, nous avons imaginé un jeu d’écriture sur Twitter qui consisterait à identifier les COD ou COI et à les déplacer dans la phrase pour parler à la manière du petit maître Jedi.

Nous avons formalisé l’exercice avec la présentation suivante.

Alors les Twittclasses ? Ça vous tente ?

Le #photoproblème : Tâche complexe et levier mathématique

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Depuis la période 2, mes élèves réalisent des #photoproblèmes sur Twitter (voir twittclasse).

La consigne est simple, les élèves doivent proposer aux autres classes des problèmes mathématiques agrémentés d’une photo représentant la situation problème.

Alors, enfonçons les portes ouvertes, très souvent les réponses sont dans la photo, donc il est très facile pour les autres classes de trouver la réponse. Mais ça finalement, ce n’est pas très grave. Le fait de proposer un défi à des personnes extérieures représente un moteur, et donne un sens à la production (en plus de l’enjeu communicatif).

Mais il en va tout autrement pour les élèves qui produisent le #photoproblème. La production est complexe et surtout, avant de publier le tweet, la solution doit être trouvée afin de pouvoir répondre si l’on nous fait des propositions. Il s’agit, pour les élèves, de construire physiquement un situation problème et d’en trouver la solution. Une autre méthode consiste à partir de la solution (qui peut être erronée) et de la vérifier par une construction physique. Dans les 2 cas, le concept en sort , la plupart du temps, renforcé.

Voici 2 exemples simples.

Avec les CE2, nous abordons la notion de partage qui servira de base à la technique opératoire de la division. Lors d’une séance de découverte, nous avons abordé des proposition du type « Dans tel nombre, combien y a -t-il de paquets de tant ? »

Séance suivante : je demande aux élèves de produire un #photoproblème qui réponde au même schéma. Généralement je propose aux élèves de travailler en binômes.

Voici quelques exemples de productions :

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Le support visuel permet de rendre le concept (très abstrait) de partage beaucoup plus concret.

J’ai procédé de la même façon avec mes CE1 lors de la période précédente pour la première approche de la multiplication grâce  par des additions répétées de mêmes quantités.

C’est une balise simple que je trouve vraiment efficace. Et surtout on peut la tourner à toutes les sauces et dans beaucoup de situations mathématiques