Twitter : la bête ?

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Twitter et les profs… On en fait tout un flan depuis quelques temps. Entre ceux qui s’écharpent, ceux qui ferment leurs comptes, ceux qui s’y extasient… Mais alors pourquoi aller sur Twitter quand on est prof ? Je me suis donc dit que j’allais vous raconter un peu comment j’ai vécu la chose.

Je suis arrivé sur Twitter aux alentours de 2011. Je n’y ai d’ailleurs rien pigé au tout début et puis avec un peu de patience j’ai fini par comprendre. C’est également vers cette époque que j’ai ouvert mon blog.

Phase 1 : La bouée de sauvetage

Au tout début j’ai trouvé dans Twitter du réconfort. Bah oui, je me sentais un peu seul dans mes pratiques et j’ai trouvé des gens « comme moi » sur Twitter. Ayant longtemps eu une estime du travail que je produisais assez basse, j’ai trouvé sur Twitter des gens à qui ce que je proposais rendait la vie plus simple ou tout simplement, ça les dépannait. Je me suis alors senti utile, et peu à peu légitime dans mon travail. Pas le roi du monde hein, mais juste  réaliser que je savais faire mon travail correctement (ce qui n’avait jamais été vraiment dit à proprement parler par mes profs d’IUFM et autres personnes ayant visité ma classe). Bref c’était pas forcément un tampon officiel, mais Twitter (+le blog) a eu au moins pour effet de m’encourager et, suite logique, de me pousser à approfondir mes connaissances, à publier, à publier…

D’ailleurs j’y ai trouvé de nombreuses personnes qui ont alimenté mes réflexions et qui m’ont parfois montré des erreurs que je commettais. Bref tout allait pour le mieux dans le meilleurs des mondes ! Un peu comme chez les Bisounours quoi… Oh mais attendez…

 

Phase 2 : Et si tout ça n’était qu’une illusion ?

Bah oui, le monde des Bisounours, un peu trop beau pour être vrai. A mesure que je gagnais des followers, il semblait que ma parole devenait moins contestable aux yeux de certains (heureusement pas tous). Souvent je postais un article et dans la seconde il était retweeté. Fallait pas avoir fait Sciences Po pour comprendre qu’il était impossible au retweeteur d’avoir lu l’article aussi vite et l’avoir retweeté dans la foulée. J’étais donc diffusé par des gens qui ne lisaient même pas ce que j’avais dit, mais comme j’étais quelqu’un de « fiable »… Alors vu que je n’avais pas non plus un nombre de followers titanesque, qu’est-ce que ça devait être pour les grand « pontes » de la twittosphère éducative??? Le poids de la parole n’est plus lié à la pertinence de son contenu mais en grande partie biaisée par les statistiques de celui qui les écrits. Je ne vous le cache pas : j’en frémis. C’est d’ailleurs le premier angle de distorsion de Twitter. Le nombre de followers confère involontairement un comportement différent (selon que la personne à qui on s’adresse en a beaucoup ou peu). Et puis le « retweet », si rapide et si simple, forcément on est tenter d’en user et d’en abuser.

 

Phase 3 : Assister à une tempête… Dans un verre d’eau

Et puis ensuite il y a eu cette vaste blaque de guéguerre « Anonymes consternants VS Pedagogos » qui, pas plus tard que ce matin, donnait lieu à un article dans les presse. « Les profs s’écharpent sur Twitter », et des articles de blogs des uns, puis des menace des autres, moqueries et sarcasmes…

Bah vous savez quoi ? J’ai bloqué une quinzaine de comptes (d’un côté comme de l’autre) et j’ai plus rien vu de cette guerre (ou presque… mais au moins ai-je amoindri mon exposition à ce conflit)… Quinze personnes… Vous vous rendez compte ? La preuve de la distorsion qu’engendre Twitter : une infime minorité de gens « influents » donnaient l’impression que la profession se déchirait. Alors je dis pas qu’il n’y a pas de tension hein. Mais il y en a toujours eu, ni plus ni moins. Mais Twitter est un miroir déformant et il est indispensable de regarder les chose de plus loin.

Tempête dans un verre d’eau donc mais un verre d’eau retransmis en ligne 24h/24h et 7j/7j avec un gros zoom. Forcément vu par la petite fenêtre de Twitter on a cru au déluge. Alors qu’il aura suffi d’arrêter de lire 15 personnes pour que le conflit disparaisse de ma TL (pas les problèmes, eux sont toujours là).

 

Phase 4 : L’impossibilité de se faire comprendre

J’en suis arrivé à la conclusion que, quoi que je fasse, il me serait impossible de me faire comprendre sur Twitter. J’ai pourtant essayé plusieurs solutions. Étayer mes tweets avec des liens pour m’affranchir des 140 caractères qui m’obligeaient à écrire 20 tweets pour expliquer la globalité d’une idée parfois très simple… Mais non.

Les gens, bien intentionnés ou pas, ne prenaient l’info que par bribes et, effet internet oblige, se lançaient dès le départ dans une direction loin de mon propos. Alors à part y passer tout mon temps je ne voyais pas de solution. Et y passer tout mon temps… non merci ! Exemple flagrant arrivé pas plus tard que cette semaine : je tombe sur un twittos qui plagie un de mes docs en téléchargement sur le site. Pas de mention de source, le doc est repris à l’identique, hormis quelques modifications dans la mise en forme. Chose importante, le jeune homme est un récidiviste. Il y a 2 ans (et plusieurs fois par la suite) j’avais été obligé de lui demander de citer ses sources après lui avoir naïvement envoyé tous les documents (emploi du temps/brevets d’élèves etc…) qu’il me demandait au début (bah oui je voulais aider et j’étais dans la phase 1). Exaspéré que mes demandes privées n’aboutissent pas, je confronte le copieur en public… Et l’effet déformant a fait son œuvre. Twitter avait transformé ma requête en interdiction d’utiliser les documents que je partageais. J’étais contre le partage des ressources, pire je voulais, dans ma schizophrénie empêcher les gens qui téléchargeaient les ressources que je mets à disposition de les utiliser… Sous prétexte que certains voyaient dans cette situation un petit bout de ce dont EUX avaient envie de parler (en l’occurrence le partage des ressources), la conversation changeait de sens du tout au tout. Car le sujet était bien la mention de l’auteur d’un document qu’on a (légèrement… mouais) modifié et partagé par la suite. Bref, la propriété intellectuelle. Même si les 2 sujets sont liés, ils n’en sont pas moins distincts. J’ai donc perdu du temps à recentrer le débat et à me justifier. Et voilà à quoi se résume Twitter pour moi 80% du temps : une perte de temps.

 

Phase 5 : Prendre de la hauteur

C’est la phase dans laquelle je suis actuellement. Je compte bien me focaliser sur le 20% restant.  J’essaie de prendre de la hauteur. J’essaie d’utiliser Twitter pour ce qu’il est, un media personnalisable et prendre seulement les infos dont j’ai besoin. Pour communiquer avec les gens ? J’ai les DM, voir même tenez vous bien : un téléphone. Le problème c’est cet esprit binaire qui règne en maître sur Twitter : t’es pour  ou contre ? Pour ou contre quoi on sait pas vraiment mais au final, c’est le communautarisme qui l’emporte. Le tout bienveillant ou le tout troll. L’un comme l’autre passant ses journées et ses tweets à suivre la ligne. Bah moi dans la vraie vie, je trouve qu’il y a des pédagogos ridicules, tout autant que les consternants. Et y a des consternant qui énoncent des vérités aussi criantes que  certains pédagogos.

Je ne souhaite pas quitter Twitter dans l’immédiat, parce que tout simplement j’y vois encore une utilité (principalement de la veille). Et pour résumer, être sur Twitter, le quitter, s’y épanouir ou s’y aigrir, là n’est pas la question.

Les questions à se poser seraient plutôt celles-ci :

  • Qu’est-ce que vous souhaitez en faire ?
  • Pour quoi en avez vous besoin ?
  • Quelle place voulez vous qu’il ait dans vos pratiques voire votre vie ?

Je vais donc revenir (chose que j’aurais du faire depuis longtemps) à une utilisation plus pragmatique, raisonnée et raisonnable de Twitter, et même d’internet en général. Je me suis laissé emporter par des passions, même par ma passion également. Cela passe par un travail sur soi, mais aussi par une limitation de l’exposition aux réseaux également. Je ne crache pas non plus dans la soupe. La phase 1 a vraiment marqué une étape dans ma vie professionnelle et m’a permis de réaliser pas mal de rêves. Mais bon, sans verser dans le « c’était mieux avant » , je trouve que le brouhaha  actuel sur le réseau freine les réflexions plus qu’il ne les encourage.

Et le raccourci facile serait de rejeter la faute sur le géant américain qui crée ce réseau voire sur la société actuelle… Non la faute elle est sur moi et sur tous les gens qui se laissent aller à suivre le mouvement.

Je vous recommande donc de passer par les mails (formulaire de contact du site) et autres DM pour me contacter, vous aurez beaucoup plus de chances d’obtenir une réponse rapide de ma part.

 

Les référentiels de ceintures de compétences à télécharger

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Salut à tous,

Bonne nouvelle, les référentiels de la troisième version des ceintures de compétences sont disponibles au téléchargement ! Nous avons créé un blog dédié aux ceintures accessible ici.

Je vous laisse bien lire le petit mot d’introduction. L’équipe qui à réalisé ce travail de titan (les référentiels sont adaptés au nouveaux programmes) est composé de pas moins de 30 personnes !

Bonne lecture et bon partage !

Au fait, je vous ai jamais raconté San Francisco…

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Je me suis rendu compte hier grâce à une discussion sur Twitter que je n’avais jamais fait le bilan de mon expérience américaine sur le blog. Alors je m’en vais réparer cette erreur. Parce que vous ne le savez peut être pas mais cette année j’ai fait l’expérience de l’expatriation ! Je vais essayer de ne pas trop tomber dans le « je vous raconte ma vie » pour essayer de me concentrer sur les leçons que j’ai pu tirer de cette expérience d’un point de vue professionnel, mais ça touche aussi l’humain que je suis donc forcément ça débordera un peu et je m’en excuse par avance.

 

Pas facile de trouver par où commencer, je vais essayer d’organiser un peu cet apport énorme d’informations que fut cette aventure.

 

Pourquoi, mais pourquoi t’es parti ?

Voilà ce que fut la première phrase que je me suis dite arrivé à mon escale à Amsterdam. « Mais qu’est-ce que tu avais besoin de te prouver sérieux ? » fut la deuxième.

Faut dire que je suis parti tout seul, laissant famille et amis en France, à près de 10 000km de chez moi et je me dis qu’avec le recul, c’était un peu culotté

Enfin bon, pourquoi : bonne question. Une envie de neuf professionnel, de challenge et aussi un gros attrait pour les USA et San Francisco en particulier. J’ai une formation en histoire et langues anglaise et américaine et c’est vrai que ce pays m’a toujours fasciné.

Ca me trottait dans la tête depuis longtemps… A un moment faut bien se jeter à l’eau. Mais franchement en arrivant j’en menais vraiment pas large. J’ai toujours vécu plus ou moins à la campagne (bon Pau c’est pas non plus ce qu’on pourrait appeler une grande ville) le gigantisme à l’américaine m’a sauté à la figure. Ajoutez à ça 9h de décalage horaire… Ca vous fout un peu vos repères en l’air. Mais au final j’ai réussi à apprivoiser cette fantastique ville qu’est SF. Y aurait des tonnes de trucs à dire sur le Golden Gate Bridge et toutes les merveilles de la Californie mais bon c’est pas un blog touristique que je tiens hihi).

 

Bon et tu faisais quoi là-bas exactement ?

Alors je travaillais dans une école franco-américaine, en tant qu’enseignant de CM2 (la moitié du temps) et coordinateur pédagogique cycle 3 : en gros un rôle de conseiller pédagogique dédié à l’équipe de cycle 3. Un conseiller juste pour le cycle 3 ? Ouais mais ça en faisait du monde parce que chaque classe avait 2 enseignants : un français et un américain (avec un emploi du temps 50/50). EDT c’est pas évident de coordonner tout ça.

 

Et alors c’est très différent ?

Ah bah ça… M’a fallu un temps d’adaptation. Passer d’une seule et unique collègue à des dizaines, ça fait drôle vous pouvez me croire. Culturellement également, car dans cette école la majorité des élèves étaient américains et ça change beaucoup de chose, culturellement parlant. Vous m’imaginez un peu avec mes ceintures de compétences et mes plans de travail ? Ca leur a fait tout drôle. J’ai un peu eu l’impression d’être un OVNI. Les familles étaient d’ailleurs super inquiètes au début. Je recevais des montagnes de mails des parents (ouais, la bas, pas de cahier de liaison hein, les parents ont direct ton adresse mail et savent l’utiliser… Même tard dans la nuit hihi).

Et ça a été une partie super intéressante à gérer. Le concept des pédagogies coopératives est-il contraint par une culture spécifique ou est il exportable outre atlantique ? J’ai eu plusieurs longues conversations avec Sylvain Connac (merci 1000 fois Sylvain) pour essayer de démêler des trucs. Par exemple, l’affichage des ceintures des élèves m’était complètement impossible. J’ai tenté et j’ai choqué. Il a fallu que je me mette au clair, cet affichage servant à identifier les tuteurs comment pouvais-je faire ? De même la notion de collaboration était floue pour mes élèves et leur famille, allant parfois jusqu’à être vécue comme de la triche. La encore il a fallu beaucoup parler.

 

Tiens en parlant de parler justement là aussi y a à dire. Au début j’ai cru que mes élèves ne m’écoutaient pas. J’en étais même assailli de doutes. Et puis j’ai compris en expérimentant moi-même. J’ai passé énormément de temps avec des collègues et amis étrangers et forcément au bout de quelques heures mon cerveau décrochait. Trop d’anglais m’épuisait littéralement. J’ai donc essayé de tirer parti de ma propre expérience pour m’adresser à mes élèves et là encore ça a fini par rouler. Au final, comme avec une classe de petits français on a appris à se connaitre et ces gamins étaient franchement extra avec un potentiel créatif dément.

 

Un autre point sur lequel j’ai énormément appris c’est sur la manière de capter l’attention des élèves. Bon je l’avoue avec mes petits landais il m’arrivait (en dernier recours) de lever la voix. Bon pas énormément parce que j’ai des cordes vocales assez pourries/fragiles et qu’il m’est juste impossible de gueuler comme un putois plus de 5 minutes par jour. Là on m’avait mis au parfum : « Si tu lèves un tant soit peu la voix tu vas te faire allumer par les familles »… Bon, alors déjà que leur attention est pas facile à capter : gros challenge. Et puis c’est venu petit à petit. Les élèves s’autorégulaient d’eux même. Je n’avais qu’a travailler sur mon attitude, voir un simple regard pour entendre : « Hey guys, François is waiting ». La relation de confiance a également été très utile ainsi que le donnant donnant « je te respecte, je te l’ai prouvé à de nombreuses reprises, respecte moi en retour » ça passait vraiment bien. C’est en quelque sorte en étant irréprochable d’un point de vue moral et respect que je pouvais demander à mes élèves de l’être en retour. C’est en m’imposant une discipline énorme que j’étais en droit de le demander d’en faire autant (ou du moins de faire de leur mieux).

 

Et au niveau de l’école, des programmes, la coordination ?

Là aussi, pas facile de tout faire rentrer surtout qu’on a à faire avec des élèves dont la langue maternelle n’est pas le français. Un truc tout bête c’est la notion de masculin/féminin, inexistante en anglais et qu’on travaille encore lourdement au CM2. Pour le programme de maths/sciences etc… mon collègue et moi nous le répartissions. Mais pour le français je n’avais qu’un mi-temps pour boucler le programme… Chaud patate quand même.

Bon à côté, y avait aussi des trucs énormes. Un prof de musique (un mec en or), un autre d’EPS, d’art, de théâtre… Caviar à ce niveau-là. Le truc que j’ai adoré également c’était le Tinker Space : une espece de FabLab super équipé dans lequel on pouvait aller bricoler des maquettes et fabriquer ce dont on avait besoin pour la classe.

Du côté de la coordination, j’avais 3 collègues coordinatrices avec lesquels j’ai beaucoup travaillé. Là encore une claque pédagogique et humaine. Des gens curieux, compétents qui m’ont fait avancer et évoluer avec bienveillance et qui m’ont aidé à comprendre tout ce nouveau monde qui me faisait (on va pas se mentir) flipper comme pas possible.

 

Et la vie là-bas ?

Ca c’est la question la plus vaste. Je dirais que ça a été les montagnes russes. Des moments incroyables, et des moments très durs. Là je vous avoue que Skype, et ben c’est pas du luxe (si tant est que le décalage ne fait pas que tous les français sont au lit depuis longtemps).  L’avantage c’est qu’on se retrouve aussi entre personnes qui sont loin de chez elles et ça crée de sacrés liens. C’est une expérience formidable. Les trams, le café du coin, les sorties… Et une sensation de liberté phénoménale. Les gens sont optimistes (parfois trop même, on dirait que c’est faux ou surjoué) et ça fait un bien fou. Bon par contre ça bosse dur : lundi au vendredi non-stop et on finissait très rarement à 16h… Et puis bon, amis et famille en France ont été super présent et ça c’est cool.

 

Alors t’en conclues quoi ?

Cette année passée a certainement été l’année la plus riche, éprouvante et magique de ma vie. Même si au final je ne suis resté que 6 mois à SF (oui parce qu’il s’est aussi passé des trucs de fou professionnellement dont je parlerai surement dans quelques temps et qui m’ont fait revenir un peu en avance), j’ai appris énormément sur mon métier mais aussi sur moi-même. Ca n’a pas été simple tous les jours. Il y a eu des coups de mou, des coups de folie, des coups de chance, du bonheur, de la tristesse, du mal du pays mêlé d’émerveillement… Bref j’ai adoré vivre à l’américaine (bon sauf la bouffe… SF c’est le pays des Vegan et moi je suis pas du tout ce que j’appelerais « un mangeur de graines »), une expérience hors du commun et si c’était à refaire je ne changerais absolument rien.

 

Mention spéciale à mes amis de là-bas Andrew, Susanne, Catherine, Amaury, Ellen, Thomas. Merci pour tout !

L’effet #PokemonGO dans l’éducation

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Voilà, le simple fait d’avoir mis le hashtag du jeu qui fait fureur en ce moment m’assure une montée des statistiques de fréquentation du site… Et c’est bien là le problème !!! Je n’ai absolument rien contre Pokémon GO, bien au contraire. J’y joue pendant mes vacances et franchement j’accroche vraiment. J’y vois plein de points positifs. Les balades en famille se sont multipliées, on parle beaucoup bref, c’est une très bonne chose.

 

J’ai d’ailleurs du mal avec les arguments apocalyptiques des détracteurs du jeu (je trouve que Cyprien fait une analyse très fine de la situation).
Mais là n’est pas le sujet que je souhaite aborder. Ce qui m’a fait bizarre c’est qu’a peine le jeu sorti, on voit déjà sur les réseau sociaux, passer des articles sur les usages de Pokemon GO en classe…

 

Alors voilà ce que j’en pense :
  1. Faut qu’on m’explique quelles compétences on va travailler (je suis sûr qu’on peut en trouver hein) et en quoi ça amène un plus.
  2. Le jeu est à peine sorti et on aurait déjà un peu de recul sur les usages ?
  3. Comment on peut faire au primaire sans smartphone ?

 

Ces articles m’ont un peu fait penser à BFM TV : on surfe sur les sujets du moment, histoire de faire du buzz… Surtout que quand on lit les dits articles bah… Ca va pas chercher très loin quand même. A la limite, je suis sûr qu’en prenant le temps de monter un truc béton, interdisciplinaire avec de la création etc… Y a moyen de faire quelque chose. Mais lâché comme ça, franchement ça décrédibilise la démarche et je trouve ça dommage.

 

Comprenez moi bien je ne vire pas non plus réac. L’innovation et la ludification : oui, je suis pour (d’ailleurs si vous êtes lecteur régulier de ce blog vous le savez déjà) mais ne faudrait-il pas un peu de recul sur les choses et surtout ne pas vouloir exploiter les phénomènes de mode à tout prix ?

 

Un exemple (qui date un peu) que je pourrais vous citer c’est celui de la tablette. Instinctivement quand l’objet est sorti, j’ai foncé. Pourquoi ? Parce qu’il s’agissait à l’époque d’un réel « Game changer » (comme disent nos amis anglo-saxons). Idem pour Adobe Voice, Twitter à l’école, le Cloud… Bref des innovations qui changeaient réellement le quotidien ou qui élargissaient des horizons. Ce qui ne m’a pas empêcher de remonter dans le temps et aller piocher chez Freinet et Oury ! Parce que ça faisait sens pour moi.

 

J’ai d’ailleurs mis pas mal de temps à adhérer au concept de programmation informatique à l’école. Il aura fallu que le truc murisse, que j’en intègre les aspect et en expérimente la plus value (et il aura également fallu que je passe un peu de temps avec des développeurs pour comprendre leur métier et l’intérêt pour nos élèves de coder). Maintenant c’est certain j’y vois un enjeu majeur !

Le jeu est une part essentielle de l’apprentissage, on ne le dira jamais assez MAIS, il n’en reste pas moins une part, et pas un tout. L’ingénierie pédagogique doit également passer par une phase de maturation : « Ok je sens un potentiel dans tel ou tel outil. Pourquoi ? Est-ce pertinent d’amener un outil supplémentaire ? A qui s’adresse-t-il ? » Bref tout un tas de questions qu’il faut se poser (à mon humble avis) avant de se jeter à l’eau.

 

Que ce soit Pokemon ou d’autres trucs un peu fun qui font le buzz, là n’est pas la question. Il faut, à mon sens savoir trouver un juste milieu entre l’innovation à tout prix et l’attitude réac de tout refuser en bloc.

 

Il y a des fois où il faut savoir s’emparer d’une technologie ou d’une app parce qu’il y a un réel enjeu, une chance de mieux faire apprendre les élèves (et il y en a surement beaucoup que je ne connais pas). Mais je reste assez dubitatif sur celui de Pokémon GO. Ca ne veut pas dire que d’autres n’en feront pas un outil fantastique, mais pour l’instant, ce que j’ai vu ne m’a pas emballé ou convaincu.

 

N’allons pas trop lentement, mais pas trop vite non plus. Changer l’école c’est une course de fond.

Bonnes vacances !

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Allez je vous fiche la paix jusqu’au mois d’août avec les tutos (bien qu’il risque quand même d’y en avoir quelques uns parce que j’ai découvert les usages de Minecraft en classe récemment, mais ça c’est une autre histoire). En attendant j’avais un petit message à vous passer.

Bonnes vacances à tous !

Imprimer avec son iPad : tout ce qu’il faut savoir

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Cet article m’a pris un peu de temps car il ne compte pas moins de 3 vidéos !

Imprimer avec l’iPad ce n’est pas toujours évident, surtout en classe. N’ayant pas de port USB, il faut oublier l’idée de brancher l’iPad à une imprimante. Et de manière générale, Apple n’a pas conçu l’iPad pour y brancher quoi que ce soit (même s’il existe pléthore d’accessoires pour toutes sortes d’usages). Bref, c’est pas simple.

Je vous détaille ici 3 méthodes pour imprimer avec votre iPad ou ceux de vos élèves en classe.

  1. Airprint

Ça reste la façon la plus intuitive, sans bidouille. C’est comme ça qu’il a été prévu qu’on imprime avec la tablette pommée. Ca va vite et ça marche sans avoir besoin de faire quoi que ce soit (si ce n’est paramétrer l’imprimante en amont, mais c’est pareil pour toutes les imprimantes sans fil).

Les + :

  • C’est facile
  • C’est fiable

Les – :

  • Il faut une imprimante compatible AirPrint
  • La plupart des imprimantes compatibles ne sont pas des imprimantes professionnelles donc pas vraiment adaptées aux écoles.

2. Printopia

Une solution pour les utilisateurs de macOS. Printopia est un petit utilitaire qui va servir de serveur d’impression depuis un Mac. Toutes les imprimantes configurées sur le Mac seront reconnues (comme dans la première vidéo) comme des imprimantes AirPrint, y compris votre vieux photocopieur, à condition qu’il soit connecté au Mac par réseau ou en USB.

Les + :

  • Toutes les imprimantes déjà présentes dans l’école seront reconnues et compatibles
  • Utilise la méthode AirPrint des iPad donc très simple

Les – :

  • L’utilitaire est payant
  • Réservé aux utilisateurs de macOS

3. Google Cloud Print

L’impression sans fil et même à distance pour tous. J’en avais déjà parlé dans cet article : tout y est écrit.

Les + :

  • Fonctionne avec toutes les tablettes (iOS, Android, Windows)
  • N’importe quel ordinateur (Mac ou PC) peut faire office de serveur d’impression
  • JE PEUX IMPRIMER SUR LE PHOTOCOPIEUR DE L’ECOLE DEPUIS MON CANAPE SI JE VEUUUUUUX !!!!!

Les – :

  • Il faut accepter d’utiliser les services Google
  • La mise en place est moins intuitive que les 2 solutions précédentes (mais une fois paramétré, ça roule tout seul)

Bon j’en profite quand même pour dire que l’impression est du coup quand même plus simple avec Android ou avec Windows hein. Apple n’a visiblement pas super envie que nous continuions à utiliser notre archaïque papier,donc un peu en décalage avec l’école actuelle.