BookCreator : un jeu d’enfant ?

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Cet extrait vidéo se situe au terme d’un travail transversal autour de l’album de Boucle d’Or et les 3 Ours, en début de dernière période de l’année de petite section de maternelle.

En arts visuels, les élèves ont réalisé collectivement une fresque, grand format, qui raconte l’histoire : une manière de la transposer, de la raconter autrement. Autant d’occasions de se repérer dans la chronologie du récit, de mobiliser le vocabulaire appris, de réinvestir ce qui a été mobilisé lors des activités quotidiennes. Ces compétences sont également en jeu lors de cette activité avec l’iPad.

A partir de cette fresque, photographiée page à page et insérée dans l’application Photo de l’iPad (qu’ils consultent souvent), j’ai voulu créer un livre numérique sonore, un eBook enregistré par et pour les élèves.

Mon objectif est que les élèves qui ne parlent pas encore très bien le français (nombreux dans la classe) puissent l’entendre et progresser dans la maîtrise de la langue orale en lançant, de manière autonome, l’application iBooks lors des passages individuels (ou à deux) libres, régulés (chacun son tour) sur l’iPad. L’objectif est également, pour les élèves qui s’enregistrent, de parler clairement, de « dire » les images, de prononcer de mieux en mieux et de se corriger essai après essai, en confrontant leurs productions orales, mais surtout de transmettre à leurs camarades, de partager leur savoir, leurs compétences.

Depuis la rentrée de septembre, tous les élèves, familiers de l’iPad, sont habitués à s’enregistrer : l’application Tapikeo HD est bien connue des enfants pour créer des imagiers et des eBooks sonores mais récemment, j’ai découvert et introduit BookCreator.
Dans ce petit extrait vidéo, c’est seulement la troisième séance qu’ils utilisent cette application. Autant dire qu’ils n’ont pas encore l’habitude de l’utiliser. Ils ne sont pas « experts ». C’était un atelier dirigé de 3, 4 ou 5 élèves. Je souhaite montrer que pourtant ils sont déjà assez autonomes.

Les savoirs mobilisés :

Ils savent
– lancer l’application (repérage de l’icône),
– ouvrir le livre à créer,
– insérer et déplacer des photos,
– se repérer dans les pages (avant / après) en utilisant les flèches,
–  ajouter du son.

Ils peuvent
– supprimer un son qui ne convient pas,
– s’enregistrer : appuyer sur le bouton rouge, parler, arrêter en appuyant sur le carré noir.
Ils savent déplacer le bouton du son créé pour le placer en bas de la page : ils savent que dans le livre qu’ils consulteront dans iBooks le bouton son devra être facile à repérer, il sera toujours en bas de la page.

A la prochaine étape, ils choisiront la couleur du fond de chaque page.

Motivés par cette activité, les élèves de la clase sont tous passés à l’atelier sur ces deux jours, les jeudi 10 et vendredi 11 mai. Certains sont plus autonomes, comme dans toutes les activités de classe, mais tous ont pu dire un petit quelque chose pour raconter l’histoire. On regarde le résultat en regroupement collectif juste après, sans décalage de temps, et avec des petits, cette donnée est essentielle.

Les semaines précédentes, j’avais déposé dans iBooks le même livre mais là c’est moi qui disais le
texte d’un des albums choisis (la version de Byron Barton) : pour entendre l’histoire racontée, en
autonomie.

Ils collaborent, ils s’entraident, ils se regardent agir les uns les autres et surtout : ils s’écoutent. J’ai aidé ici et là, évidemment. Il s’agit d’un atelier dirigé, avec la maîtresse, ils ne l’utilisent pas (encore ?) en atelier autonome.

Seuls, ils choisissent souvent d’écouter  d’autres versions du conte (achetées) que j’ai installées sur l’iPad. Grâce à cette activité de création, les élèves s’approprient l’histoire : ce sont LEURS images, ce sont LEURS mots : ils créent LEUR livre. Ils sont très fiers du résultat et sont heureux de le partager avec leurs parents lorsque ceux-ci les accompagnent dans la classe le matin.

Les années précédant l’arrivée de l’iPad dans la classe, j’enregistrais les élèves avec un Zoom, enregistreur numérique, JE travaillais le son avec mon ordinateur, sans eux, JE faisais le montage de leurs images sur leurs voix, sans eux. Même si le résultat final (montré quelques jours plus tard …) leur plaisait beaucoup, c’était le travail de la maîtresse. Mais ça, c’était avant …

3,99€, iTunes Store 
L’application présente encore quelques bugs mais va sans doute s’améliorer. Les eBooks sauvegardés sur l’ordinateur ne peuvent plus être réintroduits ensuite dans l’application comme je le souhaitais : j’en ai « perdus » … L’application n’est pas compatible avec le vidéo projecteur. Il est par contre très simple de les envoyer dans iBooks pour les consulter.
J’aimerais pouvoir transférer, lire et ENTENDRE les livres créés sur un ordinateur. Si vous avez une solution … merci !

Article réalisé pour sicestpasmalheureux.com par Véronique Favre, professeure des écoles,
école maternelle Richomme, Paris Goutte d’Or (réseau ECLAIR), iPad de la circonscription 18b

5 réflexions sur “BookCreator : un jeu d’enfant ?

  1. amato

    On se croirait dans l’histoire, et pourtant, des boucles d’or, à la goutte d’or, peut-être sont-elles rares…
    C’est épatant de voir avec quelle aisance ces petits enfants sont capables de maîtriser un objet si nouveau…oui, si étrange aussi pour nous, les adultes, qui avons presque peur de l’objet, alors que les enfants le voient, bien au-delà de sa matérialité, comme un simple outil qui leur permet expression et création.
    Chapeau la maîtresse!

  2. vfavre

    Merci pour ce joli (et gentil) commentaire Amato. Peu de boucles d’or certes, mais plein d’enfants en or à la goutte d’or ! Un outil ? oui, un couteau suisse, lit-on souvent, et il y a de ça …

  3. On peut transférer des ebooks (format epub) à partir d’iTunes sur un PC du moins lorsqu’il s’agit d’ebooks sans protection. Il suffit d’aller à la section Livres d’iTunes et d’ouvrir en même temps une fenêtre du gestionnaire de fichier à l’endroit où on veut mettre son fichier. Ensuite, on déplace l’ebook à la souris d’une fenêtre à l’autre. Pour lire ce fichier, il y Adobe Digital Edition (gratuit) ou encore mieux Calibre qui lit tous les format d’ebook, les convertit et fait bibliothèque.

    • Laure

      Une petite question pour Pépin. J’arrive à visualiser mon album avec Calibre mais je n’arrive pas à avoir le son. Qu’est-ce que je ne fais pas correctement? Je souhaite pouvoir mettre les albums crées par les élèves en ligne sur notre site Internet mais impossible pour le moment. Merci de votre aide.
      Merci pour ce blog qui est une vraie source d’inspiration et qui me donne un nouveau souffle de motivation! Bravo.

  4. Je crois bien (sans être expert) que c’est bien la le gros problème avec Book Creator. Comment exporter et partager sans perdre le contenu multimédia ? Je pense que le seul moyen de le partager est de le laisser sur le format original (le stocker dans Dropbox par exemple et donner le lien sur ton site) et qu’il soit lu sur une liseuse compatible.

    Un grand merci pour ton message qui, moi, me donne l’envie de continuer à partager mon expérience et ma passion.

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