La place de l’erreur

Par défaut

S’il y a des mots dont il ne faut pas confondre les sens c’est bien la faute et l’erreur.

On entend tous les jours les gens parler de « fautes d’orthographe ». À l’école, on dit : « Tu as fait une faute dans ton calcul ». En droit, une faute c’est un « manquement à une obligation morale ou conventionnelle, infraction, entrainant un dommage matériel, pécuniaire ou moral ». On retrouve bien là, toute la connotation négative de la faute. C’est un fait exprès, une transgression.

Lorsqu’un enfant écrit « vous serai », est-ce une faute ? Est-ce quelque chose de volontaire, un acte de rébellion contre l’ordre établi de la grammaire et de la conjugaison française ? J’ai quelques doutes.

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une faute, mais d’une erreur, c’est à dire, une maladresse voire une lacune. Et cette erreur est, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le plus grand atout de nos élèves. C’est elle qui les fera le plus avancer, qui leur amènera les acquis les plus solides.

Mais, en quoi commettre des erreurs peut-il aider au développement et à l’acquisition de compétences solides chez les enfants ? C’est tout simple. Une erreur est le meilleur support de correction qui soit. Le rôle de l’enseignant est de signifier son erreur à l’élève, de lui expliquer pourquoi il l’a faite et ainsi, de lui permettre de ne pas la reproduire. Prémunir nos enfants de tout échec ou de toute erreur, reviendrait à les enfermer dans une chambre stérile de tout obstacle. Mais à leur sortie, ils se trouveraient démunis, sans défense, et incapables de résoudre une situation problématique ou de mener un projet à bien.

L’objectif de l’élève est d’acquérir des compétences. Or, beaucoup de parents s’inquiètent que leurs enfants ne réussissent pas du premier coup. Je tiens à les rassurer : nulle part dans les programmes de l’éducation nationale, il n’est stipulé que votre enfant doit tout réussir du premier coup. D’ailleurs, quel être humain en serait capable ?

Pourtant nous avons cette culture, cet ancrage profond dans nos consciences, qui nous fait nous sentir mal, coupable, dès que nous nous trompons. On se dit que se tromper c’est « mal ». En ce qui concerne les enfants, parfois, on préfère même faire à leur place plutôt que de les voir échouer. On leur transmet ainsi, sans s’en rendre compte, notre phobie infondée, notre honte face à l’échec. Seulement, pour être productif, innovant, il faut oser. Pour oser, il ne faut pas craindre l’erreur.

On oublie trop souvent que les plus grands esprits de  l’histoire ont multiplié les essais avant leurs grandes découvertes. L’enseignant ne doit pas se contenter de fournir des connaissances à ses élèves, il doit les aider à développer une méthodologie qui leur permettra de résoudre quantité de problèmes dans leurs vies d’adultes. Il doit, avant tout, développer leur faculté à tirer parti de leurs erreurs pour les transformer en succès, développer leur esprit critique et leur esprit d’initiative.

Alors, n’ayez pas peur, c’est uniquement en cherchant qu’on risque de trouver.

2 réflexions sur “La place de l’erreur

  1. Fanny

    Après être venue lire cet article 2/3 fois et après avoir voulu y laisser un commentaire ms sans en prendre le temps, me re-voici ! Cet article me parle. J’suis pas instit mais éduc en pédo-psy. Et l’utilisation des mots est super importante. Du bon mot. Nous, nous sommes loin du schéma de l’école puisque ns proposons du soin. Et les mots ont leur importance. Et on passe la majorité de notre temps à dire aux loulous que ce n’est pas grave de se tromper, qu’on a le droit.
    Bref … ton article m’a parlé ! 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s