Ajout d’une foire aux questions

Par défaut

Vous pourrez remarquer l’ajout dans la barre de menu, d’une rubrique « FAQ ». Voici son contenu.

Voici des remarques ou questions que j’ai pu lire ou entendre et qui ont été soulevées par mes pratiques. J’ai souhaité les lister, car je me dis que ce qui est évident pour moi ne l’est pas forcément pour tout le monde. Je souhaite donc clarifier plusieurs points afin que chacun puisse avoir une vue globale de ce qui est proposé ici et se faire son opinion en toute connaissance de cause.

**S’ils ne travaillent qu’avec l’iPad, ce n’est pas bon pour eux.**
Je suis d’accord à 100 %. C’est pourquoi je varie mes pratiques. L’usage du numérique n’interdit pas celui du non numérique, bien au contraire. L’iPad est utilisé avec parcimonie et réflexion. Il ne s’agit pas de l’utiliser juste pour le plaisir, mais lorsqu’il apporte une valeur ajoutée aux apprentissages.

**Les enfants n’ont pas besoin de ces tablettes à l’école, ni d’ordinateurs !**
Les enfants ont besoin d’ordinateurs, car c’est, aujourd’hui, et qu’on le veuille ou non, un outil indispensable. Ne pas savoir se servir d’un ordinateur de nos jours (et ce sera encore plus vrai dans le futur) constitue un réel handicap. Mieux, la maitrise poussée de l’outil leur ouvrira des portes, car les secteurs de l’informatique sont parmi les rares qui ne connaissent que peu la crise.

L’ordinateur quant à lui, est depuis longtemps monnaie courante dans les écoles. Pourquoi ? Parce que les programmes officiels l’imposent à juste titre. Si vous parcourez les livrets d’évaluation de vos enfants ainsi que les paliers du socle commun, vous constaterez que la maitrise (et non pas une simple initiation) des techniques de l’information et de la communication (TIC) font partie intégrante des compétences à travailler au même titre que l’orthographe ou la grammaire. Ne pas faire d’informatique c’est se mettre en porte à faux vis-à-vis de notre métier d’enseignant. De plus, ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui. Les enfants ne sont plus les mêmes, les parents non plus. La société évolue. Pourquoi l’école devrait-elle rester à la traine ?

**Les enfants d’aujourd’hui passent suffisamment de temps à la maison sur la télé, l’ordinateur et les consoles, pour ne pas en plus continuer à s’abimer les yeux à l’école.**
Pour s’abimer les yeux, il faudrait qu’ils y passent la journée. Or comme vous pouvez le voir dans ma classe, nous utilisons majoritairement le cahier, le stylo, et tous les autres outils présents dans n’importe quelle classe. L’école doit-elle être le dernier bastion de vestiges d’une époque qui n’a plus rien à voir avec la nôtre ? Le monde change, l’école doit changer avec lui pour préparer les enfants à entrer dans ce monde-là et non pas dans un monde qui n’existe plus.

**Je trouve ça irresponsable et inutile de les mettre toute la journée devant un écran.**
Avec un rapide calcul, on peut constater qu’avec 5 iPads pour 24 élèves… sur six heures de classe par jour… sachant qu’on l’utilise dans 2 séances par jour environ… On approche plus la demi-heure d’utilisation que de « la journée scotché à un écran ».

**Quelle est la durée de vie d’un iPad ? Est-il recyclable ? Si on produit un iPad pour chaque élève, combien de matière va être prélevée à la nature ?**
On est complètement d’accord, l’iPad n’est pas un modèle en ce qui concerne le recyclage. Mais il s’agit ici d’un problème de société, à savoir l’obsolescence programmée des appareils électroniques qui ne touche pas que les tablettes. Idem pour les téléviseurs, les baladeurs, les téléphones et les ordinateurs. Doit-on arrêter de les utiliser pour autant ? Difficile à imaginer que la société actuelle y parvienne. Vous imaginez priver une entreprise de ses ordinateurs sous prétexte qu’ils sont difficilement recyclables ? J’aimerais sincèrement que les choses soient différentes, mais c’est aux ingénieurs de penser leurs produits différemment. C’est aux fabricants d’adopter une conduite écoresponsable. Les consommateurs n’ont pas le choix. Enfin, je ne pense pas qu’un iPad par élève soit quelque chose de pertinent. Plus humblement, je ne suis qu’enseignant, j’avoue ne pas me sentir capable de résoudre certains maux de notre temps, en l’occurrence les dérives de la société de consommation. Ma part dans la société est d’instruire les enfants et les aider à se construire.

**C’est inutile, moi j’ai réussi ma scolarité sans gadget… J’ai travaillé sans, et je n’en suis pas moins éveillée !**
Bien. Mais qu’en est-il de ceux qui n’ont pas réussi, ceux qui n’ont jamais aimé l’école ? C’est ceux-là qu’il nous faut aider. Nous avons à notre disposition des outils qui n’existaient pas il y a 20 ans, pourquoi se priver de les utiliser s’ils permettent d’aider les plus fragiles. De nombreuses études le prouvent, notamment pour la dyslexie, la dyspraxie ou encore plus grave, des formes d’autisme.
Ceux qui réussissent, le font quelle que soit la méthode. Il faut penser à ceux qui ont moins de chance. Si l’iPad peut donner envie à des enfants en difficulté de progresser et de travailler, tout en venant à l’école avec plaisir, pourquoi ne pas saisir cette opportunité ?

**Tu nous vends ton produit…**
Je n’ai pas d’action chez Apple. Je n’ai pas de prime pour innover ou pour utiliser les iPad. Je possède mon propre iPad payé par mes soins. Les centaines d’heures que je passe chez moi à potasser, à réfléchir, à préparer ma classe, ne me sont pas rémunérées. Les résultats de mes élèves n’influent pas sur ma paye. Malgré tout ça, je cherche toujours des moyens de faire mieux mon travail et d’aider encore plus d’enfants.

**Répondre à un questionnaire « intelligent » proposé par la tablette fait illusion trop souvent, car ce sont des interrogations fermées (on ne peut pas proposer quelque chose de différent comme réponse), mais ça fait plaisir aux parents qui croient y voir une preuve de l’intelligence du petit.**
C’est pour cela que j’utilise très peu les applications « clé en main » proposées sur l’App Store. Ces applications pseudo- pédagogiques qui sont légions ne m’intéresse que si je peux les paramétrer pour les adapter à de vrais critères de pédagogue. La plupart du temps, les applications que j’utilise ne sont pas du tout prévues pour ça (iPod pour la dictée, iBooks pour l’évaluation autogérée en autre). Les enseignants sont des professionnels. Ce qui se passe dans le cercle familial n’est en aucun cas à comparer avec ce qui se passe dans la classe.

**Quand j’entends dans le reportage qu’on vante les mérites de l’individualisation de l’apprentissage, ça me fait très peur. Où est passé le temps des corrections en groupe très constructives puisque chacun amène ses connaissances pour faire avancer le groupe.**
La correction en groupe est un exemple de plus pour laisser de côté ceux qui n’ont pas compris. Ils n’apprendront pas mieux en entendant les autres donner une réponse. Si c’était si simple, l’échec scolaire serait endigué depuis longtemps. Ça ne m’empêche pas de faire des corrections collectives par manque de temps souvent. La plupart des parents que j’ai rencontrés (pour ne pas dire tous) étaient ravis que je donne une attention particulière à leur enfant et que je m’intéresse à leurs difficultés. Individualisation du parcours ne signifie pas, enfermement sur soi, bien au contraire. Ça signifie accepter l’autre avec ses différences, l’aider, le comprendre, ne pas le stigmatiser. De plus, il est humainement impossible de faire de l’individuel en permanence. Tous simplement, car je suis seul pour 24 enfants. Bien sûr, il y a de nombreuses phases collectives dans les journées de classe, mais aussi du travail de groupe, de l’entraide, de l’initiative de groupe (cf le projet BD).

**Twitter ? Ça ne sert à rien, ça les encourage à mal écrire !**
Si vous vous donnez la peine de suivre la Time Line, de la classe et vous constaterez qu’il n’y a aucune erreur de français, bien au contraire. Les réseaux sociaux actuels sont tellement pourris par les fautes en tout genre et les raccourcis. Je leur apprends tout simplement le contraire. Encore une fois, ce n’est pas le seul moyen. Mais il est beaucoup plus attrayant que le traditionnel « Pendant les vacances je vais… ». Les enfants écrivent dans un premier temps sur papier. La phase Twitter n’est que la « récompense ». Les enfants demandent à écrire. C’est un fait rare. Les enfants ont un regard critique sur leurs productions (syntaxe, grammaire et orthographe). C’est encore plus rare.

**Oui c’est bien beau tout ça, mais les élèves ne sont-ils pas en décalage par rapport aux attentes officielles ?**
Bien au contraire. Leur esprit critique et leur autonomie leur permettent de ne pas être déstabilisés par la forme des questions qu’on leur pose. Ils en dégagent aisément le fond. Lors des évaluations nationales cette année, les résultats ont été largement supérieurs aux résultats nationaux. Je ne dis pas que l’iPad en est la cause, mais je pense que la méthode, dans sa globalité, a permis de réduire les écarts de niveaux dans ma classe.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s