Bilan sur l’utilisation de la tablette à l’école primaire : un an après…

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[Edit] Je viens de me rendre compte que cet article sort très tôt quand on fait une recherche google et qu’il date d’il y a 4 ans. Je recommande aux lecteurs nouvellement arrivés sur ce blog de regarder des choses un peu plus récentes dans ce blog 😉

 

Après plus d’un an d’utilisation de la tablette en classe, je pense qu’il est intéressant d’en dresser le bilan.

Utilisation par l’enseignant

Je me rends compte encore aujourd’hui que la tablette et ses usages sont en constante évolution. Les développeurs font preuve d’une ingéniosité sans limite et trouvent chaque semaine de nouvelles idées pour simplifier la vie et l’utilisation du numérique.

Ceci met donc l’enseignant qui s’intéresse à ce support en position d’apprenant perpétuel (n’est-ce pas la position que nous devrions tous adopter ?) vis-à-vis de l’outil. Et j’aurais du mal à le cacher : j’adore ça. L’utilisation de la tablette et les réflexions qu’elle engendre sont des plus stimulantes.

Au-delà de ça, s’il y a 10 ans on m’avait dit qu’un bout de verre et d’alu plus fin qu’un cahier pourrait contenir tout mon travail, me servir à aller sur internet, me mettre en communication avec de nombreux collègues et j’en passe… Je n’y aurais jamais cru. Je reste encore fasciné par cette machine, par ce format, par cette déconcertante simplicité et son efficacité.

J’aurais beaucoup de mal à repasser sur un outil plus « traditionnel » pour travailler. J’utilise une tablette depuis mai 2010. Il m’aura fallu du temps pour dégager toutes les possibilités et tous les enjeux de ce nouveau format, mais maintenant je pense pouvoir dire avec suffisamment de recul, que cet objet est vraiment révolutionnaire et qu’il continuera de changer le regard que nous avons sur le numérique.

Utilisation par des élèves :

Nous arrivons au moment le plus intéressant. J’ai expérimenté l’usage de tablette avec des enfants depuis plus d’un an et voici mes conclusions.

D’un point de vue pratique, la tablette est indubitablement un outil beaucoup plus pertinent que l’ordinateur à l’école primaire, et ce, pour de nombreuses raisons.

Les plus simples et les plus pragmatiques sont l’encombrement minime et l’autonomie. On peut aisément faire cohabiter cahier et tablette sur une table d’élève, on peut stocker 20 iPads dans n’importe quelle classe. On est quasi sûr de ne jamais être à court de batterie dans une journée de classe. Tous ces facteurs font que l’outil présente beaucoup moins de contraintes qu’un ordinateur (portable ou fixe). De ce fait, il est beaucoup plus efficace.

Le temps de démarrage d’une activité est aussi un facteur important. Sur la tablette, grâce à sa mémoire flash, pas d’attente pour démarrer une tâche. Tout est instantané. Pas non plus de rituel de démarrage de l’ordinateur qui, même s’il est performant, mettra plusieurs minutes à être opérationnel. Pas de branchement, pas de souris…

Le gain de temps dans l’utilisation des TICE me paraît être un élément clé. Un nouvel outil n’a de pertinence que s’il amène un gain d’efficacité. Ici, c’est clairement le cas.

En soi, ces éléments suffiraient à démontrer la pertinence de la présence de tablettes à l’école, mais les avantages ne s’arrêtent pas là.

J’ai pu constater avec quelle aisance les enfants manipulent l’objet. J’ai pu observer avec stupéfaction que des élèves ayant un an d’expérience avec la machine présentaient une dextérité dans la maîtrise de l’outil parfois supérieure à la mienne. J’ai remarqué qu’ils ont développé des automatismes que je n’ai pas du fait de mon « conditionnement » au format clavier souris.

Lors de mon passage au forum Ludovia, j’ai pu observer des travaux d’élèves de lycée réalisés sur iPad. Il s’agissait de comptes rendus de TP. J’ai réalisé à ce moment que la nouvelle génération est totalement à l’aise dans la conception de document sur support tactile là où j’ai besoin d’un ordinateur pour créer un document équivalent. Pourtant je pense être relativement à l’aise et plutôt maître de mon outil. Mais cette nouvelle génération a définitivement adopté le format et la façon de s’en servir.

Tout ça pour dire que, cette interface est, selon moi, l’avenir du numérique. On parle d‘interfaces naturelles entre l’homme et la machine. La tablette est le premier pas vers ces interfaces. Il suffit de voir ces vidéos de bébés sur internet qui maîtrisent la navigation entre des photos sur iPad. On est dans des gestes naturels.

Du fait de cette interface, de son format et de sa facilité d’utilisation, on peut totalement repenser son utilisation des TICE en classe. La tablette devient un outil motivant, captivant, source de concentration. On a pu voir qu’avec des enfants autistes, l’utilisation de la tablette donnait de très bons résultats.

De manière plus humble, j’ai, à de nombreuses reprises, été sollicité par des élèves pour du travail supplémentaire sur tablette. Ces demandes venaient d’élèves de tous profils : ceux en réussite, comme ceux en situation d’échec. Je ne vais pas disserter ici de l’intérêt du ludique dans les apprentissages (d’autres l’ont fait beaucoup mieux que moi), mais il est clair que la tablette contribue à cet attrait de l’enfant pour les apprentissages, aiguise sa curiosité et son envie de savoir, mais également de produire.

L’interactivité de la tablette supplante largement celle des modèles papier ou cartons sur certains domaines. Je pense aux manipulations d’horloges dans l’apprentissage de l’heure ou de monnaie sur tablette. On est dans des situations plus réalistes et plus adéquates qu’avec des modèles parfois approximatifs.

Enfin pour terminer de justifier l’utilisation de la tablette à l’école primaire, ou remarquera que TOUTES les compétences du B2i peuvent être acquises sur une tablette (et ce, bien avant le CM2). La boucle est donc bouclée.

Bien entendu, comme toutes les pratiques pédagogiques, il est important de diversifier. Comme je le dis dans la FAQ du blog, il est indispensable à l’école primaire de faire cohabiter les outils traditionnels et non numériques avec les outils numériques. Ils fonctionnent d’ailleurs très bien ensemble. De même, il sera important de travailler sur des ordinateurs et de faire évoluer les élèves sur différents systèmes d’exploitation afin d’éveiller un regard critique chez l’élève sur les différents environnements de travail numériques.

Enfin pour terminer, je précise que je parle ici de l’outil tablette et non pas d’un modèle ou d’une marque en particulier. Vous aurez noté que j’utilise un iPad mais ils ‘agit d’un modèle parmi tant d’autres et la concurrence commence à être rude entre les fabricants.

22 réflexions sur “Bilan sur l’utilisation de la tablette à l’école primaire : un an après…

  1. Excellent article comme toujours ! Je me permets de le partager sur ma page Facebook ! Nous avons récupéré 2 x 15 ipads et j’avoue que j’ai un peu de mal à me lancer ! A l’origine je veux les utiliser en remplacement des maudits ordis portables que nous avions (ah windows et ses mises à jour !) mais il faut que je prenne les bons réflexes ! Je voulais réutiliser le site logiciel educatif pour mes ateliers de maths avant de me rendre compte qu’il était tout en flah, donc incompatible avec les Ipads ! Il va donc me falloir un peu de temps pour trouver les bonnes applis ! C’est la seule chose qui m’inquiète : trouver les bonnes applis et qu’elles ne soient pas trop chères… à part ça, je suis persuadée que la prise en mains sera très très simple pour mes élèves comme pour moi ! Donc encore un grand merci pour ton site qui m’apporte beaucoup ! (dis, tu ne voudrais pas prendre un CM dans les années qui viennent ???)

  2. Drôlement intéressant ton bilan ! Ça donne vraiment envie de s’y pencher ! Effectivement, le coup des notebook, ça va 5 minutes, mais entre les câbles, les batteries qui lâchent, le temps d’attente au démarrage.. J’avais vite fait de les laisser au rencard… C’est bien dommage d’ailleurs puisque effectivement, les enfants adorent travailler avec le numérique !

  3. Pour toute ces bonnes choses, je suis preneur.

    Moi ce qui reste « flou » c’est qu’existe-t-il comme application utilisables dans le cadre de l’enseignement ?

    Sont-elles « commerciales » ? gratuites ? libres (code source disponible et modifiable afin d’adapter à ses besoins) ?

    • Salut Moosh,

      C’est justement le but de ce blog. J’y présente des applications, des utilisations et des méthodes. Tu trouveras ici de nombreux articles qui répondrons à tes questions. Je te souhaite une bonne lecture (et une bonne rentrée).

  4. J’aurais adoré avoir une tablette quand j’étais en primaire! Je me rappelle des ardoises pleines de craie qui laissaient des traces sur les doigts et les vêtements. Là, pas de risque de se salir.

  5. Excellente et encourageante synthèse. Le point faible – provisoire – c’est le manque d’applications réellement conçues pour une exploitation pédagogique. Cela commence à exister comme par exemple Etigliss disponible sur Android qui permet réellement de construire des activités spécifiques à chaque classe. Espérons que ce n’est qu’un modèle qui sera rapidement suivi d’autres produits ouverts.

    • C’est une réaction tout à fait pertinente mais avec laquelle je suis plus ou moins d’accord. Oui effectivement, il y a peu d’apps « clé en main » avec un réel intérêt pédagogique. Mais tout comme sur des ordinateurs classiques, une application n’a de valeur que si elle s’inscrit pleinement dans des processus pédagogiques initiés par l’enseignant. Il faut être créatif et inventif pour tirer parti le plus possible de tous les avantages du format tablette. Et j’avoue que ce travail de recherche est passionnant. Une fois les situations d’apprentissages mises en oeuvre et les leviers trouvés, la tablette s’avère être un outil redoutablement efficace, tant sur le gain de temps que sur la compréhension par les élèves. Il y a fort à parier que les techniques expérimentales (comme celles qui sont décrites sur ce blog, mais aussi initiées par d’autres) auront des retombées auprès des développeurs d’applications.

      • Moosh

        D’où ma réaction. Le monde de l’éducation doit être porté par le libre. Moi je n’ai pas envie que mes enfants soient ‘encore plus’ plongé dans le commercial.

        Même le gratuit ne me suffit pas. Que diriez vous si les cigarettes étaient gratuites pour les moins de 10 ans ?

      • Malheureusement pour les tablettes le vrai libre pédagogique n’existe pas encore. Mais là on rentre dans un débat pour lequel ce blog n’a pas vocation. Mon humble but, est de montrer ce que je fais dans ma classe et ainsi de donner une idée de ce qu’il est possible de réaliser grâce aux TICE. Dans tous les cas, le jour où il sera possible de travailler les mêmes compétences et ce, efficacement avec des apps libres sur tablette, je serai le premier à les utiliser.

  6. Bonjour, je suis développeur indépendant (et à plein temps) d’applications éducative sur iPad, et il est clair que vos retours d’expérience sont très important pour savoir comment je pourrais améliorer mes applications.

    Surtout n’hésitez pas à écrire aux développeurs pour leur soumettre vos suggestions!

    Par exemple, en ce moment je me demande s’il est important d’avoir une fonctionnalité permettant de créer des profiles pour chaque élève, et de sauver des statistiques pour chaque élève (afin que l’on puisse les consulter à posteriori).

    Quant à la gratuité des apps, le problème est que cela prend du temps de faire une app – surtout une bonne app avec plein d’interactions – et qu’il faut bien rétribuer les auteurs à un moment ou à un autre si c’est leur seul travail et qu’il n’ont pas de subventions.

    • Pierre Noguer, chargé de mission 1er degré CRDP Nice

      Bonjour,

      la gestion des résultats est en effet un des aspects qui différencient une application ludo-éducative d’une application utilisable par un enseignant. Ca n’est pas seulement important mais indispensable.

      • Totalement d’accord. Beaucoup d’applications se veulent pédagogiques. Peu le sont vraiment. La sélection doit être rude et l’utilisation inscrite de façon précise dans une séquence.

  7. Je suis directeur de projet multimédia web et je trouve ce débat intéressant, et j’aimerai participer avec vous par le web-documentaire que j’ai réalisé sur cette question .
    Nos enfants « Digital Native »

  8. J’enseigne en Polynésie française et ma classe a failli cette année être une classe expérimentale pour l’utilisation d’IPAD en classe mais pour des raisons budgétaires cela ne s’est pas fait …
    J’avais donc une question : comment vous y êtes-vous pris pour avoir autant d’IPAD en classe ? J’aimerai essayer pour l’année prochaine de mettre en place des actions afin de réunir des fonds pour en avoir … Ou trouver une autre solution que les payer de ma poche. J’en ai un perso, j’ai déjà du dépenser pas mal pour l’avoir …
    Merci d’avance !!! 🙂

    • Alors dans mon école ce sont les mairies et l’association des parents d’élèves qui ont financé les machines. Mais ça s’est fait au fur et a mesure. Au départ, je n’en avais qu’une seule. Je pense que le mieux c’est d’expérimenter avec le tien et de montrer le résultat aux décideurs. Iĺ existe aussi des modes de financement (type leasing).

      Bonne chance en tout cas !

  9. Magali

    Bonjour,
    J’utilise un tni et des pc dans ma classe de maternelle… si l’on considère que le matériel fonctionne correctement (maintenance nécessaire) que peuvent apporter des tablettes qu’un pc n’apporterait pas, si on enlève le temps de démarrage (ça, se gère quand même assez bien …) l’encombrement dans la classe (c’est un choix… ) et le côté tactile (déjà présent avec le tni et pas forcément obligatoire…) ?

    • Bonjour Magali,

      Attention à ne pas tomber dans le piège de la comparaison tablette / PC. L’un ne remplace pas l’autre. Le PC peut faire des choses que la tablette ne peut pas et vice versa. Un exemple très concret pour de la maternelle. On veut travailler sur la couverture d’un album. Avec une tablette, on prend une photo, on l’insère dans un document texte qu’on crée en dictée à l’adulte, on y ajoute éventuellement du son (un enfant qui décrit la couverture), le tout en recopie d’écran sans fil sur le TNI et on le met en ligne sur internet en un temps record. La tablette élimine beaucoup de contraintes d’ordre pratique.

      Je pense aussi que tu réponds en partie à tes questions dans ton message. A savoir qu’avec des tablettes tu travailleras plus vite (le démarrage est instantané, mais le lancement des applications l’est aussi), et que l’encombrement sera moindre. D’ailleurs j’ai du mal à penser que vouloir réduire l’encombrement d’une classe puisse vraiment être considéré comme un simple choix à moins de disposer d’un grand espace. Personnellement (et comme beaucoup de collègues que je côtoie) ma classe est plutôt petite et réduire l’encombrement est une nécessité.

      Difficile de comparer également le fait de pouvoir manipuler de façon tactile sur 1 tableau ou sur une tablette. Les tablettes présentent également cet aspect intuitif que les enfants adoptent à une vitesse surprenante. On peut ainsi s’affranchir de la technique et faire en sorte que l’outil numérique se fonde dans les apprentissages au même titre qu’une ardoise ou un cahier.

      Enfin d’un point de vue purement pédagogique, la manipulation d’éléments sur tablette pour la construction de notions complexes me parait plus pertinente.

      Pour avoir travaillé avec une classe mobile de 10 ordinateurs pendant un moment (machines neuves) pour rien au monde je ne repasserais sur une configuration de ce type (Mac, Linux ou PC confondus).

      J’espère avoir répondu à tes interrogations.

      A bientôt !

  10. Adrien

    Bonjour,
    Comment se passe l’achat des applications et leur installation sur les ipads. Ils sont tous connectés au même compte?
    Merci !

    • Normalement c’est un compte iTunes par machine. L’achat d’apps se fait grâce à des cartes iTunes.
      Il y a également un programme d’achat en volume qui permet de bénéficier de 50% de réduction sur beaucoup d’apps.

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