Où suis-je, qui suis-je, dans quel état j’erre ?

Par défaut

Il y a quelques temps, je discutais avec une très bonne amie qui me suggérait d’expliquer un peu plus en détail, ma démarche pédagogique sur ce blog, ou du moins, clarifier mes valeurs ou mes attachements à certains courants pédagogiques pour que le contexte de mes articles soit plus clair pour ses lecteurs.

« Bah, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! lui ai-je alors rétorqué. »

Et bien il faut croire que non et qu’elle avait raison.

Pas plus tard qu’hier je suis tombé sur un blog qui reprenait des techniques que j’expliquais ici même mais dans de tous autres objectifs et avec une démarche à laquelle je n’adhère pas du tout (je ne donnerai pas de lien, ça lui ferait de la pub).

Alors je le clame haut et fort, je crois dans la construction des savoirs par l’élève, et même (oh la la) à la co-construction de ceux ci. Parce que cette phrase me touche profondément « on apprend seul mais jamais sans les autres ». Parce qu’on le voit tous les jours, l’esprit d’équipe, le « travailler ensemble » sont plus que jamais de grandes qualités, celles qui permettent d’avancer et de faire avancer les choses.

J’encourage mes élèves à la création, à oser, à se tromper et à en tirer des leçons. C’est d’ailleurs la première chose qu’on peut voir dans ma classe en début d’année. Des phrases autour desquelles viendront se greffer les affichages de classe.

– On a le droit de se tromper.

– On doit toujours essayer.

– Si tu ne sais pas, demande, si tu sais, partage (vu chez un collègue dont je ne me rappelle malheureusement plus le nom).

– A plusieurs on fait moins d’erreurs (copyright à une de mes élèves).

J’essaie du plus fort que je peux de leur montrer qu’ils ont tous une intelligence, des qualités, car c’est le cas. Je leur fais fondamentalement confiance.

Alors bien sûr, comme en musique, tout est dans la nuance, mais ma démarche et ma volonté c’est ça : mettre les élèves dans des situations dans lesquelles ils pourront apprendre. Certains seront plus autonomes que d’autres. Mon rôle, je le vois comme celui d’accompagner les plus fragiles vers plus d’autonomie et d’encourager les plus dégourdis à voir encore plus loin. Pour moi, enseigner, c’est quelque part, apprendre aux élèves à avoir de moins en moins besoin de moi.

Je ne transmets pas le savoir, je n’occupe pas une posture toute puissante illusoire d’être omniscient dans ma classe. J’essaie d’être un guide.

Montaigne a dit que l’élève n’est pas un vase a remplir mais une flamme à allumer. J’adhère totalement.

Je n’irais cependant pas jusqu’à me situer dans une méthode type Freinet. Oh, non pas que je n’adhère pas à ce type de méthodes, mais parce que je ne me sens pas encore assez mûr pour cela (mais ça viendra, l’enseignant est aussi un apprenant).

Mais pour résumer, pour moi, le transmissif et le frontal, ça fait des moutons. Personnellement j’essaie de guider des êtres qui pensent, créent, se questionnent, capables d’esprit d’initiative et d’esprit critique (et dieu sait si cet esprit critique fait défaut à notre société).

Voilà, ceci n’est pas un coup de gueule, juste une précision pour remettre en contexte les articles que vous pouvez lire ici.