L’étude de la langue à partir des écrits (numériques) des élèves

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ecriture

Jusqu’à présent je travaillais l’étude de la langue avec un très bon bouquin (Réussir son entrée en grammaire chez Retz). Oui mais voilà, j’en ai fait le tour et il y a des choses qui me dérangent.

« C’est en écrivant et en lisant qu’on apprend à écrire et à lire (écrire signifie ici rédiger). » 

Célestin Freinet

C’est lisant « La grammaire en 4 pages » de Freinet que ça m’a fait « tilt » ! Et si, au lieu de partir de ce texte arbitraire de mon bouquin pour étudier telle ou telle notion, je partais de écrits des élèves ?

Alors je suis encore loin de maîtriser la méthode dite « naturelle » (oui j’ai encore besoin de cloisonner un peu) mais je me suis demandé comment orienter les écrits pour travailler une notion. Le but est de laisser les enfants produire du texte avec néanmoins quelques rails pour observer des règles de français.

Je vous donne un exemple.

J’avais prévu de travailler le futur avec mes CE2 en période 2. Généralement cette séquence se clôture par un travail d’écriture sur Twitter #Danslefutur. Pour cette production les élèves doivent imaginer ce qui pourrait se produire dans le futur.

Au lieu de finir par cette production, j’ai commencé avec, sans donner de règle particulière. Les élèves se sont emparés de la tâche, ont produit. De mon côté je corrigeais sans donner forcément d’explication. Grâce à la balise #Danslefutur je pouvais récupérer toutes les productions. Petit à petit j’ai amené des contraintes, comme par exemple l’utilisation de certains pronoms.

Capture d’écran 2015-01-05 à 16.07.11

C’est une fois tous les tweets publiés que nous nous sommes attardés sur les règles. Nous avons observé les terminaisons, le faire que le radical se trouvait être la forme infinitive de chaque verbe (sauf 3ème groupe) et les élèves on construit petit à petit la leçon eux-mêmes, en débattant, proposant, manipulant…

Et ça leur parlait beaucoup plus ! « Dans le tweet de J. y a la terminaison -ons, comme dans celui de A. ! »

J’en suis donc arrivé à la conclusion qu’à chaque fois que ce sera possible je partirai sur un écrit avec la Twittclasse pour amener une notion de français. Du coup mes séquences prennent l’aspect suivant : production, observation (manipulation), structuration, entraînement et se clôturent par un transfert via une capsule réalisée par les élèves. (Inversion de la classe inversée ?)

Dire que j’avais l’impression que Twitter en classe n’avait plus de secrets pour moi… Je découvre encore les bienfaits de sa dimension communicative !

4 réflexions sur “L’étude de la langue à partir des écrits (numériques) des élèves

  1. Actuellement, je suis dans la même réflexion que toi. Il faut que j’apprenne à me déconditionner: leçon, exercices d’application.
    Pourquoi connaitre les règles? C’est bien pour écrire.
    Merci du partage du document de Freinet

  2. Xavier

    Bonjour François,

    Tout d’abord merci pour ce blog et ce partage d’expériences, tu es un accélérateur de mise en place de numérique dans ma classe (mais là n’est pas le propos de mon commentaire donc stop)
    Je t’invite à consulter les ouvrages de Mme Picot (« Faire de la grammaire au … » ouvrages édités au CRDP Champagne Ardennes) qui se déclinent pour chaque niveau et même pour les classes multi niveaux.
    En deux mots, elles proposent de faire des collectes (ici les verbes au futur) et d’en faire des synthèses (ici analyse et production de leçons).
    Mais bon je te dis tout ça et peut-être connais-tu déjà ?
    Bonne continuation

  3. Cécile

    A mon avis, partir de ce que les élèves savent déjà, donc peuvent produire, est une bonne manière de les reconnaître, de les considérer. Juste un petit élargissement, il faudrait prévoir une confrontation ensuite avec des textes littéraires dans lesquels on rencontre la notion étudiée. Un des objectifs est de guider les élèves vers une prise de conscience de l’utilité de la grammaire pour la compréhension en lecture.

  4. Et bien ça me parle bien ton expérience, et en même temps ça me questionne par rapport à ce que j’expérimente en ce moment, la démarche d’Ouzoulias. Dans ce que j’essaye, on essaye d’inculquer aux élèves la vigilance orthographique, en très gros ne pas écrire si on ne sait pas comment écrire (et donc aller chercher l’info quelque part).
    Dans ta démarche, tu penses que tes élèves ont mieux intégré car ça partait de leurs textes. L’écrit de départ a un rôle de motivation alors?
    …et j’adore le concept d’inversion de la classe inversée ;-)…

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