Numérique… Ne pas faire prendre le chemin à l’envers

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Alors je vous le dis tout de suite, le titre de cet article c’est un peu du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Je rends compte avec le recul, que j’ai présenté la problématique du numérique un peu à l’envers.

Pour vous éviter de faire les mêmes « erreurs » (oui je mets entre guillemets car, par chance j’ai réussi à arriver où je voulais pédagogiquement) que moi, je vous explique un peu ma réflexion.

Ca fait un petit moment que ça cogite, mais j’ai eu un petit déclic ce matin en regardant cette vidéo.

Déjà je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de principes communs avec la pédagogie Freinet depuis toujours (même si je ne m’y reconnais pas totalement), et inconsciemment je les ai mis en place dans mon fonctionnement bien avant de m’intéresser au numérique à l’école. Mais en regardant cette vidéo, je ne sais pas vous mais… Bon sang, je me dis que ces mecs là font, depuis longtemps, tout ce qu’on voit et qui est préconisé avec le numérique actuellement. Production par les élèves, publication, élève acteur… Bref tout y est déjà depuis des années.

Alors certes, les nouveaux outils numériques et internet facilitent grandement ce type de pédagogies actives mais quand même. Du coup je me dis que partir de l’étude théorique de choses comme le quoi de neuf, les ceintures de compétences, le conseil d’élèves, la production de chef-d’oeuvres pour ENSUITE basculer sur le numérique parce que plus pratique et indispensable dans le quotidien (et encore plus dans le futur), serait quand même la voie la plus logique.

Parce que des trucs du style  « utiliser telle app pour réaliser telle tâche », c’est quand même partir un peu à l’envers. Pour vous donner un exemple, je verrai plus un intitulé du genre « Structuration et réinvestissement de notion en fin de séquence par la réalisation d’une capsule vidéo » qui fait, aujourd’hui, beaucoup plus sens pour moi.

Alors certes il a aussi fallu défricher le terrain avec ces nouveaux outils. Pour ma part, je pense que j’ai suivi une méthode que je qualifierais de « naturelle ». Aurait-on pu, dès le départ, savoir que les tablettes ou Twitter se prêteraient de manière très appropriée aux pédagogies actives. Oui, le çrois. Mais bon, c’est aussi ça l’apprentissage : expérimenter, observer, se documenter et synthétiser. Et puis ces principes pédagogiques ils ont toujours été là. Je n’avais juste pas forcément vu ce lien si étroit entre les dits principes et le numérique et par conséquent, je ne les ai pas toujours présentés comme il le faudrait.

N’empêche que maintenant, qu’on a défriché, maintenant qu’on a expérimenté et vu, on a le devoir de partager notre expérience et d’amener d’autres à entrevoir le numérique à l’école comme une évidence parce qu’il servira leurs principes pédagogiques et les apprentissages de leurs élèves. Il suffira juste de le montrer… à l’endroit.

10 réflexions sur “Numérique… Ne pas faire prendre le chemin à l’envers

  1. Bonjour, même si tu penses que tu as commencé à l’envers, on a tjs senti les valeurs et choix pédagogiques que tu défends. Et je suis sûre que c’est pour cela que tu es suivi par tant de monde… En tous cas, c’est ce qui me plaît ! Prendre ce qu’il y a de meilleur dans chaque époque/domaine/personne… voilà l’avenir de l’école, enfin j’espère !
    Nathalie

    • Bonjour François. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi quand tu parles d’avoir pris les choses à l’envers. Comme le dit Nathalie, on sent dans tes articles ton souci pédagogique derrière chaque utilisation du numérique. Je ne pense pas que tes élèves utilisent une tablette juste pour utiliser une tablette; ils n’envoient pas de message sur twitter, juste pour tweeter; tu n’utilises pas Evernote juste parce que c’est fun, etc… A travers tes articles, tes vidéos, on voit des élèves en action, qui s’interrogent, qui réinvestissent. Et tu l’as déjà dit : pour toi le numérique est un outil, comme peut l’être un cahier, un stylo, un dictionnaire, … Et tant que l’outil restera au service du progrès des élèves, on ne peut pas dire que l’on fait les choses à l’envers !

      Donc continue à défricher, continue à expérimenter, continue à partager. Et continue à t’interroger. C’est ce qui fait avancer. En cela, tu es à l’endroit !

      Et encore félicitations pour tout ce que tu nous apportes.

  2. Paul Noel

    La fabuleuse aventure de la communication (du mouvement Freinet jusqu’à une école du 3ème type) -TheBookEdition.com

  3. Tu utilises depuis le début les tablettes aux services des apprentissages des élèves de ta classe, comme Freinet a utilisé l’imprimerie. Ceci n’est que détournement d’un outil et c’est ta posture d’enseignant qui t’y a conduit.

    Je ne suis pas sûre que mettre une tablette (ou une imprimerie) dans les mains de chaque enseignant changera sa manière d’enseigner au plus près de ce dont chaque élève à besoin. Pour moi, le chemin c’est d’abord la prise de conscience que tous les élèves sont différents. Ensuite, l’enseignant se trouve dans une position d’insatisfaction par rapport à ce constat et cherche (éventuellement, j’émets là l’hypothèse qu’il ne se dit pas que c’est la fatalité et tant pis si certains sont largués en cours de route) des solutions alternatives pour les faire tous avancer à leur rythme. Les outils utilisés varieront d’un enseignant à l’autre. C’est alors seulement que des outils numériques pourront se mettre au service de la démarche de l’enseignant.

    Sans ce changement de posture de la part de l’enseignant, je crains que les outils numériques envoyés en masse dans les écoles ne prennent la poussière.

    (Je parle de changement de posture en m’appuyant sur mes souvenirs de formation à l’IUFM où l’on m’a laissé penser que dans la classe il n’y avait qu’un élève unique, moyen. Les jeunes enseignants que je croise actuellement semblent avoir subi le même formatage.)

    • Stéphanie

      Bonjour!
      Je partage tout à fait ton point de vue… jusqu’à la parenthèse!
      Etudiante en ESPE (en reconversion professionnelle…), le discours des enseignants que j’ai eu en cours cette année n’est pas du tout celui là..! on nous rabâche à longueur de journée que les élèves sont TOUS différents que c’est de notre OBLIGATION d’adapter notre enseignant aux capacités de progrès de chaque élève, de pratiquer une pédagogie différenciée au quotidien et ce dans toutes les disciplines… Comment y parvenir? ça c’est autre chose… mais globalement le message me semble radicalement différent… après peut-être que d’une ESPE à l’autre il y a des différences

      • Salut, je ne comprends pas en quoi le billet ne prend pas en compte la singularité de chaque élève. Tu peux développer ?

  4. Flo

    Rassure-toi: en tant que parent, j’ai d’abord vu le pédagogue (que j’ai apparenté à Freinet grâce à mes supers cours de pédago de cette année de formation!) avant de découvrir le geek… Comme le disent tous les commentaires précédents.
    La première image que j’ai eu de toi c’est ces 2 panneaux dans ta classe quand tu es arrivé à Gaujacq: « on a le droit de se tromper »,  » on n’a pas le droit de ne pas essayer »
    Tu as peut-être l’impression d’avoir fait le chemin à l’envers mais ce n’est pas l’image qu’on a eu de toi.
    Mon mémoire de fin d’études m’a permis de mettre en mot toute ma carrière et j’ai pu comprendre ce que j’avais vécu, comment je fonctionne et ce qui est important pour moi… qq fois, il y a un réel intérêt à ses « corvées » de mémoire!!!!!

  5. Thierry

    Oui, je souscris. Les classes coopérative sont fondées sur la communication, des situations vrais d’expression, d’échange. Et pour avoir des situations vrais d’expression, il faut un espace d’échange, donc une ouverture de la classe sur l’extérieur, d’autres, ou au moins des situations d’échange dans la classe (exposés, moment philo, quoi de neuf, conseil par ex).
    De là, l’importance, dès l’origine dans ces classes, de l’imprimerie, des journaux, la correspondance, puis le minitel, puis… Et une organisation plus individualisée, ou les élèves ne font pas tous la même chose.
    Et les TICE, ça sert surtout à échanger, communiquer, c’est même la base du net : produire et transmettre, ou bien recevoir et voir/écouter/lire, par le net, en utilisant des outils permettant de produire du contenu (l’ordi/tablettes-logiciels/applis).
    Et après tout, à l’école, fondamentalement, on apprend à communiquer (utiliser les langages, verbe et nombre). Après, on peut le faire en prise dans des situations vrais que le prof met en place, ou en apprenant laborieusement le mode d’emploi transmis par le prof…

  6. Christophe

    Bonjour, il y’a quelque chose qui me tarabuste un petit peu : la continuité pédagogique d’une année sur l’autre. Comment l’enfant peut se construire de 0 à x années (x étant un point à partir du quel « le mal est fait » et qu’il faut des ruptures pour se reconstruire) avec cette méthode d’apprentissage (qui se base pour moi sur une chose simple : j’apprends de mes erreurs donc de mes réalisations) en sachant que si l’élève se retrouve dans une classe classique il va clairement s’ennuyer ! et devoir passivement accumulé un savoir et le restituer à la demande. n’est ce pas mettre l’élève en échec dans les années future et se retrouve en échec a force de cette discontinuité dans la méthode … (je précise que je ne suis pas un professionnel de l’éducation, mais cela m’intéresse, notamment à travers l’outil numérique et de ce que je peux en faire avec mes enfants !)

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