Réseaux sociaux et services en ligne : quelle place à l’école

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Il y a peu, je me suis exprimé sur le sujet sur Twitter. Mais forcément en 140 caractères on est limité dans les explications. Je vais essayer d’exposer mon idée avec un peu plus de place.

En gros je disais que j’avais du mal à comprendre l’argument du « Il ne faut pas les utiliser, c’est stocké en ligne hors de France » quand il s’agit de documents de travail numériques d’élèves.

J’ai cependant bien compris que les législations diffèrent et croyez moi, je suis loin de faire une confiance aveugle aux géants du stockage en ligne (américains ou non). J’ai pleinement conscience que nos données transitent par on ne sait où et je sélectionne avec soin ce que j’y place.

Mais alors, me direz-vous, le débat est clos ?  Vous êtes d’accord ?

Oui si on veut. A la différence que je trouve que le débat n’est pas le bon. Oui il faut être vigilant avec son stockage en ligne mais n’est-ce justement pas le rôle de l’école de former un citoyen numérique aguerri qui saura utiliser ces outils avec discernement plutôt  que de vouloir à tout prix l’empêcher d’y toucher parce que « on ne sait jamais ? ». J’avais choisi l’analogie de la conduite pour l’usage de Twitter il y a quelques années. On est bien d’accord, conduire une voiture peut être très dangereux. C’est pour ça qu’on a créé un code de la route. Va-t-on arrêter de prendre notre voiture par que cela comporte des risques ? Non, et il en va de même pour ces services.

Et là où je pense qu’il y a un faux débat c’est que les gens qui souhaiteraient qu’on n’utilise pas ces services brandissent l’argument du « Mais tu te rends compte ? Des données sensibles des élèves stockées on sait-où ? »

Et c’est là, je pense, qu’on insulte l’intelligence des enseignants. Qui a parlé de données sensibles ? Moi je parle de documents de travail. De schémas de l’appareil digestif, de capsules vidéos du prof, d’un exercice d’entraînement de conjugaison, le tout anonyme bien entendu… Vous croyez que ça va intéresser qui de voler ça ? Et qu’est-ce qu’il va bien pouvoir en faire ? Personne n’a parlé de stocker des noms, adresses ou même des résultats scolaire sur ces plateformes. Je pense que le bon sens des enseignants est suffisamment développé pour ne pas tomber dans ce piège. Et puis s’il faut, on fait un rappel, mais bon quand même. Pour moi les profs sont des gens intelligents.

Quant à faire publier les élèves là aussi c’est particulièrement intéressant. Leurs apprendre qu’il ne faut pas mettre d’informations personnelles si on publie sur YouTube ou Adobe Voice (oui hein Adobe est aussi un géant américain qui stocke les vidéos sur ses serveurs). On est en plein dans le programme d’ECM en lien avec internet. Parce que nos élèves vont s’en servir de ces outils. Ce serait illusoire de se dire « Non mes élèves ne se créeront jamais une page Facebook, c’est impossible. » Voyons un peu de bon sens.

Il y a aussi l’argument du « Ce sont des services qui cherchent à faire du fric ». Ouais… Clairefontaine et les autres Conquérants ou Bic aussi… On va fabriquer nous mêmes nos cahiers ?

Le discours alarmiste ne résout pas les problèmes. Il faut apprendre à nos élèves et non pas simplement essayer de leur faire peur. Je ne dis pas qu’il faut banaliser ou dédramatiser l’usage de ces outils, bien au contraire. Mais je suis pour accompagner plutôt que d’interdire.

Donc au final, si on utilise ces outils mais qu’on n’y stocke rien de sensible parce qu’on sait justement qu’il y a des zones d’ombre et si on apprend au passage à nos élèves qu’on ne publie ou stocke pas n’importe quoi n’importe comment, parce que publier sur internet c’est mettre une grande affiche en place publique alors on doit bien réfléchir, parce qu’on laisse des traces…

Sérieusement, où est le problème ?

 

Mais c’est quoi le coding à l’école ?

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Programmation, codage ou encore coding à l’école : on en parle beaucoup mais le concept reste flou. Le pourquoi, le comment : parlons-en.

Comme la grande majorité des enseignants, je n’ai pas étudié la programmation dans mon parcours scolaire, or depuis plusieurs mois (voire années) on entend parler d’intégrer l’apprentissage du codage et de la programmation informatique à l’école. Qu’on soit bien d’accord, je ne suis pas programmeur. J’ai néanmoins dû travailler, au cours des dernières semaines, à l’implémentation du coding dans les programmes de mon école. Il a bien fallu se pencher sur le sujet et j’avoue avoir été agréablement surpris

Qu’est-ce que c’est ?

Il y a quelques jours, je lisais un article sur un site technophile. Il était question d’enfants travaillant sur des tablettes pour le projet #HourOfCode. Les commentaires s’en donnaient à coeur joie. « On peut pas programmer sur une tablette etc… ». Et là, je me suis dit que la majorité des gens se prenaient les pieds dans le tapis, un peu comme j’avais pu le faire au début. Qu’on se le dise, on peut coder sur un cahier, avec des cartes à jouer, bref, c’est un faux débat.

Le coding à l’école ce n’a, en aucun cas, l’apprentissage d’un langage de programmation (langage C, Python, Swift) comme objectif final. On ne va pas apprendre à nos élèves à devenir des programmeurs. Peut-être est-ce la dénomination qui fait penser qu’on pourrait avoir comme objectif de leur faire aligner des lignes de codes, mais ça n’est pas le cas.

On pourrait aussi se dire : encore une nouvelle matière ? Mais on le fait quand le reste ? Là encore, la manière dont les choses sont présentées peut porter à confusion. La programmation est un levier pour travailler sur des notions du programme, pas une notion en soit.

Le coding, c’est tout simplement un travail de logique, de prévision et d’anticipation. Parler à la machine afin qu’elle fasse ce que l’on souhaite. On le faisait déjà avec nos bonne vieilles calculatrices. Ca revient à faire prendre du l’élève du recul sur ses pratiques numériques, les anticiper et les prévoir (il y a même des exercices dans ce bon vieux Cap Maths qui sont du coding sur papier : oui oui).

Pourquoi ?

On le dit souvent, mais la majeure partie des métiers que feront nos élèves n’existent pas encore. D’où la nécessité de leur permettre d’avoir du recul et de leur permettre d’être actifs face aux outils numériques. Parce que oui, au train où vont les choses, on peut affirmer, à de rares exceptions près, qu’il devront se servir d’outils numériques pour leurs futurs jobs. Encore une fois, l’objectif n’est pas de faire des petits programmeurs mais de leur montrer la logique de programmation, pour mieux comprendre les environnements numériques et en faire le meilleur usage possible.

Comment ?

Alors comment ? Et bien déjà la première chose, c’est de penser le coding comme un levier dans les apprentissages des notions fondamentales. Se situer et se déplacer sur un quadrillage par exemple : rien de plus traditionnel. Et si on se servait d’un Bee Bot par exemple ? Amener le robot à se déplacer selon un certain parcours jusqu’à un point donné, en complexifiant le parcours petit à petit. En voilà un bon levier pédagogique, de la manipulation physique et de l’abstraction. Ecrire un programme de déplacement sur papier et anticiper le point d’arrivée : un travail d’abstraction par excellence.

Il y a également des applications comme Scratch qui permettront, par exemple de réaliser un film d’animation à partir d’un projet d’écriture ou d’une lecture suivie. Là encore il s’agira de dire à la machine ce qu’on veut qu’elle fasse. On passera par des phases de prévisions (storyboard par exemple) puis de mise en pratique avec la résolution de problèmes concrets.

Le possibilités n’ont de limites que l’imagination des enseignants et des élèves.

Conclusion

En conclusion, je ne vais pas faire une liste des sites ou matériel qui permettent d’intégrer la programmation aux apprentissages à l’école primaire (ce n’est pas l’objectif de cet article) mais j’espère avoir enlevé un peu de flou sur les enjeux de cette intégration. Pour qu’elle soit réussie, je pense qu’il faudra vraiment garder en tête qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle discipline. Il faudrait pas tomber dans l’écueil de « l’informatique » devenue un cours d’ordinateur il y a quelques années, mais bel et bien prendre le coding comme un nouveau levier pédagogique. Un levier qui rendra sûrement de gros services à nos élèves dans leur avenir professionnel numérique.

Comment je me suis retourné le cerveau pour créer un magazine de classe en ligne

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Il y a quelques temps, lors d’une formation, on m’a parlé de magazine de classe en ligne. J’ai adoré l’idée et j’ai été admiratif du travail du collègue qui a présenté son projet.

J’ai donc voulu me lancer à mon tour. Mais, à ma grande surprise, je ne me suis pas du tout retrouvé dans l’outil en ligne proposé. J’ai trouvé ça lourd, fermé, bref, pas top. Sauf que voilà, mes élèves s’étaient déjà lancés dans la rédaction de leurs articles et étaient complètement emballés par l’idée… J’avais pourtant testé l’outil qui me paraissait tout à fait utilisable. Mais quelques bugs de sauvegarde et autres lenteurs plus tard j’ai je té l’éponge.

Il fallait donc que je trouve une solution utilisable avec des tablettes, de préférence avec possibilité de travailler à plusieurs en même temps et avec des options de partage (bah oui, faut bien publier) simples et efficaces.

J’ai pensé aux nouveaux templates de Pages ou un bon vieux Google Doc… Mais rien ne me satisfaisait. Alors je suis reparti à la base : un magazine en ligne oui, mais quel est le cahier des charges ?

  • Agréger les travaux et articles d’élèves
  • Possibilité d’insérer du contenu multimédia
  • Publication en ligne

Partant de ce constat, j’ai tenté un mashup d’applications. J’ai utilisé Padlet et Evernote.

Evernote pour la rédaction des articles (avec photos) et Padlet pour agréger tout ça de façon collaborative. Et quel soulagement, ça a marché !

Voici donc en quoi à consisté la démarche.

Dans un premier temps, après la sélection des rubriques et la répartition des articles, les groupes d’élèves on écrit dans Evernote. J’avais préparé un carnet « Magazine » dans lequel il pourraient créer leurs notes.

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Une fois que les articles ont été terminés, direction Padlet. J’ai créé un tableau vide, puis je l’ai partagé à mes élèves grâce à la fonction de QR code intégré (projection du code sur le vidéo projecteur et scan par les élèves). Le code les a renvoyés directement sur le Padlet. Ils n’avaient plus qu’a taper sur un emplacement, mettre un titre et copie le lien public de la note Evernote correspondant à leur article.

Et voilà, le tour était joué. Alors c’est sur que visuellement ça n’a plus grand chose avec un magazine traditionnel. Mais au final les fonctions remplies par le Padlet (cliquez pour voir le résultat) sont les mêmes.

 

Des notes, de la productivité et des nouveaux formats d’outils

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Salut à tous, et encore une fois désolé d’être si peu bavard ces temps-ci mais je cours un peu après le temps.

Aujourd’hui j’avais envie de vous faire part d’un réflexion qui traine dans un coin de ma tête depuis un bon moment. Enfin je devrais plutôt dire DES réflexions. Plein de petits bouts d’idées qui, séparément, ne faisaient pas vraiment sens ou du moins n’allaient pas me faire améliorer ma productivité professionnelle.

Car oui, si aujourd’hui je vous parle d’un truc nouveau (sur le blog hein, ça fait un moment que le matériel et les apps dont je vais vous parler existent ou ont été annoncés) ce n’est pas parce que je m’ennuie mais parce que je perçois un potentiel gain de temps et d’efficacité dans mon boulot. Alors, tout naturellement, je vous en fais part.

Voici donc les idées, enfin du moins les sujets qui me titillent depuis quelques temps.

La prise de note et la gestion des notes

Vous le savez, Evernote c’est mon deuxième cerveau, j’ai tout dedans (j’ai même géré tout mon projet de départ à l’étranger avec). Mais cette petite nouvelle app, One Note (gratuit)… Ma foi, ça fait un moment qu’elle me fait de l’oeil. En ce moment je me pose beaucoup de question sur la pérennité de certains formats, entre autres, celui d’Evernote. Ca me pousse donc à voir comment fonctionne le reste.

Je vous montre un exemple de 2 notes avec le même contenu, l’une sur One Note, l’autre sur Evernote

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One Note

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Evernote

Et y a pas photo, question ergonomie, visualisation du contenu, c’est One Note qui l’emporte haut la main. Evernote est laissée sur place par sa linéarité. D’autant que le contenu est exactement le même ! Mais mieux fichu côté Microsoft.

Autre point SUPER POSITIF et que j’ai toujours attendu dans Evernote (sans jamais le voir arriver), on peut écrite directement dans la note One Note, annoter, dessiner, bref : l’étincelle dans ma petite tête. Fini le cahier journal sur Keynote, Pages ou Excel puis l’export dans Notability. One Note va me permettre de faire mon cahier journal avec la mise en forme que je veux (on peut tout mettre ou on veut aucune limite de mise en page) et de l’annoter au fil de la semaine sans avoir à jongler avec les apps… Bref, tout ça pour vous dire qu’il y a des choses qui vont changer.

MAAAAIIISSS (parce que oui y a un gros « mais »), One Note est encore très très loin d’Evernote en ce qui concerne l’organisation des notes. Même si Microsoft a doté l’app d’un système de carnet pompé à la manière d’Evernote, la philosophie n’y est pas du tout. Les tags ne sont vraiment pas aussi efficaces et je ne suis pas certain que je pourrais me retrouver dans 3000 notes (quand je vous dit que j’ai tout dans Evernote) aussi bien dans One Note que dans Evernote.

L’outil

Y a donc des amélioration dans l’air coté logiciel. Mais côté matériel ? Au dernières nouvelles, j’avais lâché mon iPad pour ma phablette, ce qui me permettait de réduire le nombre de devices sur lequel je bossais. Fonctionnement de ma nouvelle école oblige, j’ai fait marche arrière en passant à un smartphone plus petit (enfin que j’arrive à utiliser dans le bus sans me luxer le pouce) et une tablette 10″…

Et voilà qu’il y a quelques semaine Apple nous sort un nouvel iPad… Pro cette fois-ci, et grandement inspirée (à mon humble avis) du beau travail de Microsoft avec sa Surface Pro.

Que nenni, me dis-je, à cette annonce, quel intérêt d’un tel engin qui, chez un constructeur comme chez l’autre coute, il faut bien l’avouer, un bras ? Et bien aujourd’hui, je suis en train de me demander si avec des apps comme celles de MS et tout particulièrement One Note, une tablette pro (je pense que l’iPad aura ma préférence) ne pourrait pas enfin remplacer mon ordinateur… L’engin devrait sortir dans les jours qui viennent et je pense que je vais m’empresser d’aller l’essayer pour tester son potentiel.

Donc, pour conclure, je vous encourage grandement à aller jeter un coup d’oeil sur l’app One Note. De mon côté je vais continuer à bidouiller et vous ferai un retour dès que la refexion sera plus avancée !

Vers une classe « zéro papier »

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En ce moment j’imagine beaucoup de choses. J’ai la chance de travailler cette année avec énormément de (bon) matériel numérique. Et en ce moment je me plais à imaginer une classe débarrassée de tout papier car toutes les conditions sont réunies. Pourquoi et pourquoi pas ?

En préambule…

Tout d’abord je crois quand même utile de préciser que j’imagine mal ce genre de dispositif dans les « petites » classes du primaire pour plusieurs raisons. L’apprentissage du geste graphique sur papier me parait primordial avant de passer au geste numérique. Pour qui a déjà essayer d’utiliser un stylet sur tablette, c’est une évidence que la maîtrise du geste sur papier est un préalable. Ouais c’est quand même une habitude à prendre même si récemment, un constructeur a annoncé son super méga cool stylet (je suis encore dubitatif).

Bref, avant de se faire un représentation numérique, donc quelque part virtuelle, de l’acte d’écrire, je pense que pratiquer « en vrai » ce geste reste un prérequis indispensable.

De même l’organisation et le classement dans des cahiers/classeurs/casiers physique me parait être un préambule tout aussi capital au classement dans des dossiers et autres arborescences numériques. Alors je situe plutôt mon discours à partir du cycle 3.

Enfin, je parle du stockage des travaux, traces et autres productions. La manipulation physique d’étiquettes et autre matériel reste bien sûr, une étape indispensable dans la plupart des apprentissages.

Alors on fait comment ?

Tablettes ou ordinateur, même combat. Selon qu’on aura choisit l’un ou l’autre il faudra simplement utiliser des programmes différents (et encore). Ma préférence va vers la tablette en primaire mais ça vous le savez déjà.

Il y a dans un premier temps, la possibilité pour l’élève de ramener la tablette/l’ordinateur à la maison mais ce genre de cas est assez peu fréquent car il nécessiterait un déploiement d’outils titanesque qui, à mon sens, n’est pas justifié. J’orienterais donc plutôt mon dispositif vers des solutions universelles et multiplateformes et donc vers le stockage en ligne (je te vois venir le troll : NON on ne mettra pas de données confidentielles sur l’élève en ligne, ça fait un moment qu’on a compris).

Distribuer des documents/copie/fiches

On disposera simplement le fichier dans un espace de stockage. Là, les solutions sont nombreuses : ENT, Cloud, FTP, QR codes… C’est au goût de chacun. Il est même possible de créer son propre Cloud ou serveur de façon très simple si on est complètement parano veut garder le contrôle sur les données.

Dans mon école, on utiliser le service Box, plutôt sympa. Quand on veut donner accès à une ressource à visualiser (ou à éditer) il suffit d’utiliser le client sur ordinateur et de faire glisser la dite ressource dans le dossier commun de partage. Chaque élève disposant d’une tablette dans ma classe, ils pourront récupérer instantanément le fichier désiré. Exit la queue pour les photocopies.

Editer des documents (par les élèves)

Ca fait un bail que je l’utilise, mais cette application n’a pas pris une ride : Notability est vraiment géniale de ce point de vue. Une fois le document à éditer ouvert dans Box, il ne reste qu’à l’ouvrir dans Notability (qui crée une copie). Puis il suffira de l’enregistrer où on veut une fois l’opération terminée. Est-ce que ça prend finalement plus de temps d’imprimer un fiche, de la compléter puis de la coller dans un cahier ? Pour le vivre au quotidien, la réponse est non.

Corriger des documents

Pour les ceintures de compétences notamment, j’ai créé un dossier « Corrections ceintures » dans Box. Dossier dans lequel mes élèves peuvent déposer les fiches à corriger. Pour la correction, j’utilise l’annotation dans Aperçu sur Mac qui me permet d’éditer directement le PDF de l’élève à son emplacement (aussi rapide que la correction au stylo). Puis, je dépose le fichier dans le dossier personnel de l’élève. L’avantage pour la suite, c’est que c’est déjà classé.

Partager avec les familles

C’est un point a éclaircir. On pourrait tout simplement imprimer tout ça mais pourquoi ne pas simplement partager le lien qui pointe le dossier élève par mail avec les familles ? Ce lien ne permet pas de modification par celui à qui il est envoyé, mais le dossier est complété en classe ou par l’enseignant au fur et à mesure. La famille n’a ainsi accès qu’au dossier de son enfant et le dossier en question évolue avec le temps.

L’accès aux ressources n’importe où et n’importe quand

Cette années encore je stocke toutes mes leçons dans des notes Evernote (soigneusement classées) contenant un trace écrite, un vidéo et des exercices d’entraînement). Le compte Evernote est accessible sur toutes les tablettes et les ressources sont partagées en lecture seul (pour éviter les boulettes) depuis mon compte personnel. Ma chaîne Youtube est également accessible et pour les ressources vidéos créées par les élèves je me tâte encore (mais une chaîne Youtube de classe me parait une bonne option).

Y a pas que les fiches dans la vie !

Pour les productions plastiques, le seul moyen pour les élèves reste de les ramener à la maison. Mais là, pas de souci, c’est le but.

Pour les productions sonores et vidéo, il y a, là aussi pléthore de moyen de stockage. Et oui, parce que si on ne veut pas saturer l’espace Cloud (ou du moins ne pas avoir payer pour étendre le stockage) il faut bien trouver d’autres moyens. Youtube pour les vidéos (en mode privé avec mdp si souhaité), Evernote ou SoundCloud pour l’audio… Et une copie du lien dans un document qui rassemblerait ces productions.

Les moyens sont là mais…

Tous les outils existent MAIS, la grande question reste celle de l’organisation de ces productions. Comment être capable de les retrouver facilement ? Quel classement ? C’est bien là qu’il va falloir faire preuve de simplicité et d’efficacité. Il faudra penser en nombre de clics, de mots de passe, de liens à enregistrer. En gros, si de nos jours tous les outils existent pour travailler sans papier en classe, le vrai challenge réside dans l’organisation des données. Et de ce point de vue, je pense qu’on faire des merveilles et même que les outils numériques pourraient permettre aux élèves de conserver des documents d’une année sur l’autre dans un logique de cycle et de s’y repérer bien plus facilement que dans de gros classeurs qui s’accumulent, s’abîment ou se perdent. A la condition cependant de prévoir des sauvegardes. Là encore, il existe maintenant des systèmes de sauvegarde automatique complètement transparents qui permettent de récupérer des données supprimées ou égarées.

De plus, il ne faudra également pas perdre de vue que les interactions entre élèves sont au centre des apprentissages. Pour moi, dans les situations d’apprentissages, le modèle à adopter reste 1 outil numérique pour plusieurs élèves, pour qu’ils apprennent autour de l’outil mais que celui-ci ne soit pas le sujet principal (mais bel et bien la notion/production sur laquelle les élèves travaillent).

Pour conclure

Il y a du travail pour passer au zéro papier sans brûler les cahiers les étapes et sans oublier l’essentiel. Mais au final, je crois qu’il va falloir que l’école évolue dans ce sens (et je ne parle même pas du poids des cartables) car au final, sous réserve que le dispositif soit bien pensé, il y a un gain de temps réel et non négligeable. L’efficacité dans l’archivage et l’accès au données me paraissent également très important, surtout dans une dynamique de cycle au cours duquel les dossiers élèves pourraient suivre d’un classe à l’autre. Encore une fois, l’idée est d’optimiser le suivi des élèves et la personnalisation des parcours.

Repenser l’école, l’espace de classe, à l’ère du numérique passe par repenser cet outil de base qu’est le cahier. Les ressources, les productions. Tout ça m’amène à repenser leur place et leur utilisation. Après tout l’école du futur (proche) devra s’affranchir des murs et des espaces figés. Pour cela il faudra à mon avis, repenser donc le stockage des productions et autres travaux.

Bien arrivé ! 

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Salut à tous ! Ca commence a faire un moment que je n’ai pas donné de nouvelles et pour cause, le mois de juillet à été très riche. Mais je suis bien arrivé à San Francisco. Je prends mes marques. J’ai même vu ma nouvelle école et ma nouvelle classe (y a un canapé, des fauteuils, des grandes tables dedans !!!!!). Mais quelle aventure ! Énormément de choses nouvelles, de fonctionnements, d’éléments culturels et sociaux culturels…

Tout ça pour dire que j’ai tellement à comprendre, apprendre et digérer que je ne pense pas écrire beaucoup sur le blog. Plus ça va et moins je me dis que ce sera pertinent. 

Je reste donc dispo sur les réseaux sociaux et par mail si besoin bien entendu (attention j’ai 9h de décalage horaire donc je répondrai peut être en décalé). 

A bientôt ! 

Numérique… Ne pas faire prendre le chemin à l’envers

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Alors je vous le dis tout de suite, le titre de cet article c’est un peu du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Je rends compte avec le recul, que j’ai présenté la problématique du numérique un peu à l’envers.

Pour vous éviter de faire les mêmes « erreurs » (oui je mets entre guillemets car, par chance j’ai réussi à arriver où je voulais pédagogiquement) que moi, je vous explique un peu ma réflexion.

Ca fait un petit moment que ça cogite, mais j’ai eu un petit déclic ce matin en regardant cette vidéo.

Déjà je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de principes communs avec la pédagogie Freinet depuis toujours (même si je ne m’y reconnais pas totalement), et inconsciemment je les ai mis en place dans mon fonctionnement bien avant de m’intéresser au numérique à l’école. Mais en regardant cette vidéo, je ne sais pas vous mais… Bon sang, je me dis que ces mecs là font, depuis longtemps, tout ce qu’on voit et qui est préconisé avec le numérique actuellement. Production par les élèves, publication, élève acteur… Bref tout y est déjà depuis des années.

Alors certes, les nouveaux outils numériques et internet facilitent grandement ce type de pédagogies actives mais quand même. Du coup je me dis que partir de l’étude théorique de choses comme le quoi de neuf, les ceintures de compétences, le conseil d’élèves, la production de chef-d’oeuvres pour ENSUITE basculer sur le numérique parce que plus pratique et indispensable dans le quotidien (et encore plus dans le futur), serait quand même la voie la plus logique.

Parce que des trucs du style  « utiliser telle app pour réaliser telle tâche », c’est quand même partir un peu à l’envers. Pour vous donner un exemple, je verrai plus un intitulé du genre « Structuration et réinvestissement de notion en fin de séquence par la réalisation d’une capsule vidéo » qui fait, aujourd’hui, beaucoup plus sens pour moi.

Alors certes il a aussi fallu défricher le terrain avec ces nouveaux outils. Pour ma part, je pense que j’ai suivi une méthode que je qualifierais de « naturelle ». Aurait-on pu, dès le départ, savoir que les tablettes ou Twitter se prêteraient de manière très appropriée aux pédagogies actives. Oui, le çrois. Mais bon, c’est aussi ça l’apprentissage : expérimenter, observer, se documenter et synthétiser. Et puis ces principes pédagogiques ils ont toujours été là. Je n’avais juste pas forcément vu ce lien si étroit entre les dits principes et le numérique et par conséquent, je ne les ai pas toujours présentés comme il le faudrait.

N’empêche que maintenant, qu’on a défriché, maintenant qu’on a expérimenté et vu, on a le devoir de partager notre expérience et d’amener d’autres à entrevoir le numérique à l’école comme une évidence parce qu’il servira leurs principes pédagogiques et les apprentissages de leurs élèves. Il suffira juste de le montrer… à l’endroit.

Quelques nouvelles…

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Bon, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous parler d’école, du moins pas complètement. Je vais vous raconter quelques trucs un peu plus personnels.

Pourquoi ? Parce que ça va affecter en partie le blog.

Je l’ai annoncé sur les réseaux sociaux, l’année prochaine, je quitte ma chouette petite école des Landes pour partir à l’aventure ! Et oui, en septembre j’enseignerai (et je formerai) dans une école internationale en Californie ! Grosse aventure !

Petit pincement au coeur quand même, parce que ma petite école de Gaujacq me manquera (ainsi que les gens qui vont avec). Je suis infiniment reconnaissant aux collègues, aux familles, aux élèves de ce petit regroupement pédagogique sans qui, il faut bien le dire, je n’aurais pas pu réaliser ce rêve américain puisque j’ai pu m’épanouir et me développer professionnellement grâce à la confiance et à la bienveillance de tout ce petit monde.

Du coup, je risque de ne pas écrire pendant un petit moment sur le blog (c’est là que je voulais en venir) parce que j’aurai pas mal à faire au début. Il va falloir que je prenne mes marques dans cette nouvelle école et dans ce nouveau job.

Mais ne vous inquiétez pas, je donnerai des nouvelles et je ne laisserai pas tomber le blog !

J’en profite également pour remercier tous les gens qui ont voté pour les trophées e-py ! Le blog a été mis à l’honneur… 2 fois !!! Il remporte en effet le prix du jury de meilleur blog ET le trophée du coup de coeur du public ! Du fond du coeur : MERCIIII !!!!

(Et clin d’oeil spécial à #bonheur)

Ce que je n’ai pas dit (mais qu’on voudrait me faire dire)

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Forcément quand on publie un truc, on s’expose à la critique. C’est bien normal et d’ailleurs très enrichissant. Ca permet de se remettre en question (quand la dite critique est constructive).

Le choix, notamment dans les vidéos d’un format court laisse forcément des blancs et de possibles interprétations. Pour autant j’aime ce format car je ne me pose pas en détenteur de la vérité. L’intérêt de ce blog/articles/vidéos, je pense qu’il réside dans le fait de soulever des questions, voire des questionnements. Et dans un sens la critique, même négative, montre que le but recherché est atteint.

Néanmoins, il y a quelques points que j’aimerais éclaircir.

1. Je ne « tâcle » personne.

Mes vidéos se veulent humoristique et légères. Un point de départ à une réflexion qui peut mener à bien des endroits. Bien entendu qu’il y aurait tellement plus à dire. Mais il y a de gens bien plus qualifiés que moi pour faire des conférences. Je précise également que je tourne en dérisions des arguments caricaturaux. Pas des personnes.

2. Il n’y pas de recette pédagogique.

Ce que je raconte ici, c’est MON vécu. Ce blog est une sorte de journal de bord public qui me permet de mettre au clair mes idées. Il se trouve qu’un effet secondaire est qu’il donne des idées à certains. Tant mieux. Mais je ne suis pas certain qu’un tel « modèle » soit transposable partout. Et je suis convaincu que chacun doit trouver son fonctionnement. Ma façon de faire, comme beaucoup d’autres, a ses point forts et ses points faibles. Il n’y a jamais eu d’injonction ou de jugement sur ce blog. J’ai des convictions, comme beaucoup. Je pense être encore en droit de dire ce que je pense sans que ceux qui pensent différemment se sentent pris pour cible.

3. Je ne prône pas le numérique à tout va.

Je le dis et le répète mais les fantasmes ont la vie dure. Si je fais une vidéo sur l’intérêt des tablettes à l’école ce n’est pas pour bannir le papier. Encore moins pour vendre un tablette à tous les élèves de France et de Navarre. Je suis d’ailleurs totalement contre les déploiements d’équipements « 1 to 1 » (une tablette/ordi par élève) qui sont, selon moi, contre productifs. Je milite pour un usage raisonnable et raisonné du numérique. Mes élèves lisent encore des livres et noircissent les pages de leurs cahiers. Stop au fantasme. Mes élèves passent en moyenne 30 minutes par jour sur les outils numériques de la classe. J’ai du mal à me dire que c’est trop dans une journée de 6h. NON : l’outil numérique n’est pas l’outil magique et salvateur ! Je ne l’ai jamais dit et vous ne m’entendrez jamais le dire. Le numérique n’est rien sans l’enseignant, sans la pédagogie. De même que la feuille de papier. Je ne les oppose pas. Bien au contraire : ils se complètent.

4. Je ne me suis jamais considéré comme innovant.

Mon mode de fonctionnement s’inspire de lectures et de l’expérience de gens qui ont fait ce que je fais bien avant moi. J’ai juste mis ensemble des choses qui n’avaient pas l’habitude de coexister (les pédagogies coopératives et le numérique par exemple et encore…). Je n’ai rien inventé. J’essaie juste de mettre mes compétences à profit.

5. Je ne me satisfais pas du système.

Mais n’empêche qu’en tant que prof j’en fais partie. Je n’ai jamais dit qu’il était parfait. Pour changer les choses, j’essaie d’apprendre au mieux ce système. D’être dans les clous (et le jour où les clous iront trop à l’encontre de mes convictions je changerai de job) tout en amenant autre chose. J’essaie de trouver un équilibre entre mes convictions et les attentes institutionnelles. J’essaie, à ma très humble échelle, de faire bouger les choses. Encore une fois, c’est mon choix, et il y a également d’autres façons de faire bouger les choses. Je les laisse à ceux qui les maitrisent. Je fais ce que je sais faire, ni plus ni moins.

Enfin, de manière plus anecdotique, non je n’arrive pas à répondre à tous les mails. Et ça j’en suis désolé. J’ai énormément de retard alors n’hésitez pas à insister.

Voilà, ceci n’est pas un coup de gueule, encore moins un règlement de compte et il y aurait encore tellement à dire.

Je dis parfois des conneries. Me le faire remarquer est une faveur, et je remercie ceux qui le font. Mais s’ils vous plait ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.